Ikea veut faire des emballages... à base de champignons

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FIGARO DEMAIN - Peu coûteux et facile à concevoir, l'emballage à base de champignons mis au point par un groupe américain pourrait chambouler l'univers du conditionnement. Certains grands groupes comme Ikea affirment utiliser ce nouveau procédé, une petite révolution est en marche.

Les champignons pourraient remplacer les matières plastiques. C'est en tout cas un challenge que le groupe Ikea souhaite relever. Le géant du meuble en kit a en effet fait part de son intention de remplacer progressivement le polystyrène utilisé dans ses cartons par les matières biodégradables, comme les champignons. «Ikea cherche à avoir un impact positif à la fois sur les gens et la planète, ce qui implique d'être pionnier dans la transformation des déchets, de développer des matériaux qui contribuent inversement au flux des déchets et de concevoir des emballages facilement recyclables pour les produits clés de notre gamme», confie au Figaro Elise Hoppe Liogier, responsable des relations presse du groupe.

«Ikea s'engage à réduire l'utilisation de matériaux fossiles tout en augmentant l'utilisation de matériaux renouvelables et recyclés, au moyen de procédés nouveaux et innovants. Le recours au mycélium est ainsi actuellement étudié mais le procédé n'est pas encore utilisé», souligne la porte-parole du groupe.

La société américaine Ecovative, une entreprise de matériaux bio innovants, a en effet mis au point un système d'emballage novateur, à partir de mycélium. Ce composant, également surnommé «blanc de champignon», présente plusieurs atouts dont celui d'améliorer l'absorption de l'eau et des nutriments de nombreuses plantes. Ainsi, en plus de se décomposer parfaitement et rapidement, l'organisme participe au cycle du carbone et donc à la réduction des gaz à effet de serre.

Le produit nommé Mushroom Packaging (l'emballage aux champignons), est conçu en laissant le mycélium pousser autour de déchets agricoles propres, comme des tiges de maïs ou des résidus de coton. Après quelques jours, les fibres de champignon se mêlent aux déchets et prennent une forme solide (comme dans le gif ci-dessous).

Ils deviennent ainsi une sorte de moule pour un produit à emballer. La matière est ensuite séchée pour interrompre la prolifération des champignons.

Eben Bayer, cofondateur de Ecovative, explique dans la vidéo ci-dessous ( en anglais) que «cette solution est très simple à mettre en place. Vous devez prendre de la matière végétale, la cuire puis laisser le champignon agir. Ensuite la seule chose que vous avez à faire c'est attendre puis sécher la matière!».

L'énergie nécessaire à la fabrication de l'emballage est directement puisée par le champignon dans les déchets végétaux, et le tout peut ensuite servir de compost. Ainsi, alors que le polystyrène met plusieurs milliers d'année à se décomposer, l'emballage de mycélium peut être éliminé simplement en le jetant dans le jardin où il se biodégrade naturellement en quelques semaines.

Ikea n'est pas le premier groupe à se tourner vers cette solution pour emballer ses produits. Depuis 2011, les serveurs informatiques de Dell sont nichés dans des coussins de champignons, en lieu et place des anciens cartons remplis de polystyrène. Le géant informatique faisait alors figure de pionnier dans l'utilisation de ces nouveaux emballages.

Eben Bayer, co-fondateur et PDG de Ecovative, s'est donné pour mission de faire disparaitre les emballages type mousse ou papier bulle et à terme, tous les plastiques, par des solutions propres. Il précise que sa solution est «plus économique et plus performante que le pastique». Sa priorité est donc de remplacer le plastique que nous utilisons par des matériaux biodégradables, «notre souhait est de remplacer le plastique jetable par le Mushroom Packaging dans les industrie et dans toutes nos utilisations quotidiennes», indique-t-il.

Et il y a urgence car le plastique est une véritable plaie pour l'environnement et en particulier pour les océans. Plus de 150 millions de tonnes de déchets plastiques flottent sur les océans et la masse de ces déchets pourrait doubler d'ici 2050, avait récemment alerté la fondation Ellen MacArthur. «L'utilisation du plastique a été multipliée par 20 lors de la seconde moitié du XXe siècle et devrait doubler encore sur les vingt prochaines années», souligne l'étude réalisée par la fondation Ellen McArthur et soutenue par le Forum économique mondial et le cabinet McKinsey. Si rien n'est fait, le poids des déchets serait plus important que celui des poissons d'ici 2050.

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