Hollande voit en PSA un "turbo" pour l'économie française

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HOLLANDE VOIT EN PSA UN "TURBO" POUR L'ÉCONOMIE FRANÇAISE
HOLLANDE VOIT EN PSA UN "TURBO" POUR L'ÉCONOMIE FRANÇAISE

par Gilbert Reilhac

TREMERY, Moselle (Reuters) - François Hollande a salué vendredi comme un signe de reprise pour l'économie française l'annonce par le groupe PSA d'un investissement pour la fabrication d'un moteur à essence turbo dans son usine de Trémery, en Moselle.

A deux jours du second tour des élections départementales, le président de la République effectuait son troisième déplacement consacré à la politique industrielle dans ce département lorrain où le Front national a totalisé 32% des voix le 22 mars.

"Peugeot PSA se redresse, ce qui est une bonne nouvelle pour PSA, une bonne nouvelle pour la France. C'est un signe de plus que la reprise est là, encore fragile et que nous devons conforter", a-t-il dit devant les salariés réunis dans l'usine.

"Il faut aussi donner l'exemple, mettre le turbo, c'est ce que vous avez fait, mettre le turbo dans le moteur de l'économie française, voilà ce que nous avons à faire pour que ça aille plus vite" a-t-il ajouté aux côtés de Carlos Tavares, le président du directoire de PSA.

Le groupe automobile, dont l'Etat est actionnaire à 14%, a annoncé vendredi que Trémery, sa principale usine de moteurs en France et dans le monde, avait été choisie pour produire le moteur 3 cylindres EB Turbo, une déclinaison du moteur 3 cylindres déjà produit sur le site depuis 2011.

Cet investissement de 60 millions d'euros, pour une capacité de 200.000 moteurs par an, ne devrait pas créer de nouveaux emplois mais conforter ceux des 3.200 salariés du site.

PSA, qui a produit plus de 1,5 million de moteurs en 2014 à Trémery, et 893.000 boîtes de vitesse dans son autre usine mosellane de Metz-Borny, où travaillent 1.500 personnes, est le premier employeur privé de Lorraine.

UN CHOIX "PRAGMATIQUE" POUR PSA

Le choix de Trémery, au détriment de l'usine espagnole de Vigo, est "pragmatique", a insisté le groupe automobile.

"Nous avons comparé le coût de transformation d'une ligne existante (...) avec une situation qui consistait à investir ex-nihilo à Vigo", a expliqué à Reuters Yann Vincent, directeur industriel du constructeur. "Nous sommes arrivés à la conclusion que le coût de l'investissement d'une nouvelle ligne était supérieur au coût d'une flexibilisation d'une ligne existante."

La CGT, deuxième syndicat dans l'usine mosellane, s'est réjouie de l'annonce tout en jugeant la compétition factice.

"Ils ont mis en concurrence de manière artificielle Vigo et Trémery pour entretenir l'angoisse chez les salariés et faire monter les enchères auprès des collectivités locales", a estimé Yann Mondragon, secrétaire adjoint du syndicat.

Carlos Tavares, patron du champion européen du moteur diesel, en a profité pour faire passer un message à François Hollande, à quelques mois de la prochaine conférence sur le réchauffement climatique qui aura lieu en décembre à Paris.

"Les diesel modernes sont des diesel propres grâce à leur faible consommation et grâce à l'existence de filtre à particule", a-t-il assuré.

François Hollande a, de son côté, rappelé la part que l'Etat avait prise dans le redressement de PSA, par son entrée en 2014 dans le capital, aux côtés du chinois Donfeng et l'apport d'une garantie de sept milliards d'euros à la banque du constructeur.

Il est en outre revenu sur le sort des 200 salariés lorrains d'Ecomouv' condamnés à perdre leur emploi du fait de l'abandon de l'écotaxe dont ils devaient gérer la collecte. François Hollande a annoncé que Pôle emploi installerait à Metz, en lieu et place d'Ecomouv', une plateforme téléphonique à vocation nationale qui créera "100 à 150 emplois".

(Edité par Yves Clarisse)

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  • slivo le vendredi 27 mar 2015 à 15:04

    hollande serait le comburant ?

  • gache1 le vendredi 27 mar 2015 à 14:47

    Tintin en voyage sur la Lune, épisode 253656487984.