Hollande veut plus de démocratie en préservant les institutions

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FRANÇOIS HOLLANDE PROPOSE DES SOLUTIONS POUR DAVANTAGE DE DÉMOCRATIE
FRANÇOIS HOLLANDE PROPOSE DES SOLUTIONS POUR DAVANTAGE DE DÉMOCRATIE

PARIS (Reuters) - François Hollande a défendu jeudi des institutions françaises "solides et adaptées" tout en reconnaissant l'aspiration des Français à être davantage impliqués dans les processus décisionnels.

Dans un discours à l'hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée nationale, le chef de l'Etat a prôné une accélération de la "fabrique de la loi", jugée trop longue et fastidieuse.

Face au "silence assourdissant" de l'abstention, à des élus "jugés toujours plus loin des citoyens", à l'impatience "face à des procédures trop lentes", il a proposé des solutions à la marge, tout en s'introduisant mezzo voce dans le débat avec les candidats à la primaire de la droite.

Parmi les idées semées par le chef de l'Etat : un débat à l'Assemblée sur la base d'une pétition de 500.000 signatures, une consultation nationale sur plusieurs questions à la fois ou un allègement de la procédure d'organisation du référendum d'initiative populaire.

Pour renouveler la vie publique, le président propose le "non-cumul dans le temps à trois mandats successifs pour les parlementaires et les exécutifs locaux."

Des propositions qui ne pourront être mises en oeuvre que lors du prochain mandat présidentiel, pour lequel François Hollande ne s'est pas encore porté candidat.

Le chef de l'Etat, qui promet de se prononcer en décembre à ce sujet, s'est toutefois immiscé dans la campagne en taclant à distance les programmes des candidats de droite.

"ON N'ÉCHAPPE PAS AU CONTRÔLE DU PEUPLE"

A la différence de Nicolas Sarkozy et François Fillon par exemple, il s'est ainsi prononcé contre le recours systématique au référendum, citant en exemple le choix des Britanniques de sortir de l'Union européenne ou le faible taux de participation (30%) lors de la consultation sur le quinquennat présidentiel en France, en 2000.

François Hollande s'est d'ailleurs dit opposé à l'idée d'un septennat unique, notamment prônée par le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

"Le temps et la stabilité sont un atout dans la diplomatie mais ils ne conféreraient pas au président une marge supérieure en politique intérieure", a-t-il estimé.

S'il juge important d'accélérer les procédures législatives, le président a en revanche écarté l'idée de gouverner par ordonnances chère à Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy ou François Fillon.

"Ils se disent qu'en contournant le Parlement pour mettre en cause le modèle social ils pourraient contourner le peuple mais ils vont le retrouver dans la rue", a-t-il lancé. "On n'échappe pas à ce contrôle du peuple."

D'une manière générale, François Hollande a défendu les institutions de la Ve République, qui lui ont donné les coudées franches pour agir sans mandat du Parlement en amont, qu'il s'agisse d'intervenir militairement au Mali en janvier 2013, de répondre aux attentats en France l'an dernier ou de sauver l'économie grecque durant l'été 2015.

"Nos institutions sont solides et adaptées aux circonstances", a-t-il assuré. "Notre pays dispose d'un atout institutionnel dont il serait bien périlleux de se séparer dans le contexte actuel."

Une fois encore, il s'est adressé aux candidats en lice pour entrer à l'Elysée au printemps 2017.

"Si j'ai un conseil à donner à tous ceux qui veulent me succéder, c'est de bien comprendre que ce qui est regardé comme une prérogative du chef de l'Etat est en fait une garantie pour les Français, une sécurité pour tous", a-t-il insisté. "Elle donne à notre pays, la France, une possibilité d'agir quand beaucoup de pays ne le peuvent pas."

(Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud)

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  • delapor4 il y a 2 mois

    Une vraie tête de vainqueur...