Hollande verdit son gouvernement et rappelle Ayrault

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JEAN-MARC AYRAULT ET TROIS ÉCOLOGISTES DANS LE NOUVEAU GOUVERNEMENT MANUEL VALLS
JEAN-MARC AYRAULT ET TROIS ÉCOLOGISTES DANS LE NOUVEAU GOUVERNEMENT MANUEL VALLS

par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande a élargi jeudi l'assise du gouvernement de Manuel Valls à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle en y incluant l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, trois écologistes et le président du Parti radical de gauche.

Dans cette équipe de 38 membres - 18 ministres et 20 secrétaires d'Etat - les ministères de l'Economie, des Finances, de la Défense et de l'Intérieur ne changent pas de gestionnaire, signe d'un souci de stabilité dans une période marquée par les menaces d'attentat et un chômage record.

Manuel Valls a souligné que ce gouvernement avait "une assise élargie" avec l'entrée d'écologistes - dont il a dit avoir "toujours" souhaité le retour - et du patron du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet.

La nomination comme ministre des Affaires étrangères de Jean-Marc Ayrault, qui bénéficie d'une image moins "sociale-libérale" et auquel il s'est souvent affronté avant de lui succéder, "c'est aussi une manière de rassembler", a-t-il dit.

"Il y a beaucoup de travail, nous allons réformer jusqu'au bout du quinquennat avec le président de la République et répondre aux grandes attentes des Français", a-t-il expliqué.

Le gouvernement se sépare de Marylise Lebranchu et de Fleur Pellerin, qui est remplacée au ministère de la Culture par Audrey Azoulay, conseillère à l'Elysée sur ce secteur.

Pour expliquer le retour de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de 2012 à 2014, l'Elysée souligne la "très grande expérience" de l'ancien maire de Nantes germanophile, en particulier "sur les questions européennes".

COSSE AU LOGEMENT, COMME DUFLOT

Un point jugé essentiel alors que l'Union vit des heures critiques avec la crise des migrants et le projet de sortie du Royaume-Uni, notamment.

Ségolène Royal reste à l'Ecologie mais récupère le dossier du climat, deux mois après le succès de la conférence internationale de Paris sur le réchauffement climatique (COP21).

Chez les écologistes, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, est la seule de son parti à entrer, au ministère du Logement et de l'Habitat durable, au prix d'un reniement de ses critiques de la politique de François Hollande sur l'écologie mais aussi sur la déchéance de nationalité.

Mais elle paye sa décision par sa mise à l'écart des instances du parti, qui "désapprouvent" sa décision.

Le sénateur Jean-Vincent Placé, qui n'a jamais caché son désir d'obtenir un jour un maroquin, et la députée Barbara Pompili avaient quitté EELV ces derniers mois.

L'un est chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification en tant que secrétaire d'Etat et l'autre des Relations internationales sur le climat et de la biodiversité.

Le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, un magnat de la presse présent dans la vie politique depuis un demi-siècle, est nommé ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales.

Au ministère du Travail, Clotilde Valter viendra prêter main forte à Myriam El Khomri en tant que secrétaire d'Etat de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

RASSEMBLEMENT

Deux secteurs jugés essentiels pour l'emploi, principal échec de François Hollande, qui a fait de la baisse du chômage une condition de sa candidature pour un second mandat.

Dans une France soumise à l'état d'urgence jusqu'à fin mai, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et celui de la Défense, Jean-Yves Le Drian, restent à leurs postes "essentiels pour la sécurité des Français", a-t-on expliqué à l'Elysée.

Donné partant ces derniers jours, Stéphane Le Foll demeure ministre de l'Agriculture, domaine touché par une crise profonde. Il reste aussi le porte-parole du gouvernement, qui se réunira mercredi prochain en conseil des ministres.

Les analystes divergent sur la lecture de ce remaniement.

Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop, insiste sur l'élargissement de l'assise de la majorité.

"Le message que veut envoyer François Hollande, c'est sa volonté d'élargir sa base au premier tour de la présidentielle en essayant d'agréger au PS des alliés", a-t-il dit à Reuters.

"Il essaye d'élargir sa base au-delà du PS, pour lutter contre les velléités d'autres candidatures (a gauche) et rassembler le plus possible autour de sa candidature."

Gaël Sliman, président d'Odoxa, est très critique, estimant que le nouveau gouvernement manque de cohérence.

"C'est une occasion gâchée de donner un sentiment de rebond ou d'élan et la présence d'Ayrault, qui a plombé l'exécutif et François Hollande au début du quinquennat, renforce l'idée d'un profond immobilisme. C'est un mauvais signal, même si les gens n'en attendaient pas grand-chose", a-t-il dit à Reuters.

"Ça ne garantit pas à Hollande qu'il sera le seul représentant de la gauche en 2017 et ça n'interdit pas à EELV de présenter un candidat. Il prend également le risque d'avoir une voix dissonnante dans quelques mois au sein de son gouvernement", a-t-il ajouté.

(Avec Emmanuel Jarry et Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse)

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  • M9244933 il y a 10 mois

    Quand j'ai lu que c'est pour "réformer jusqu'au bout du quinquennat", j'ai éclaté de rire. Avec M. Ayrault, trois écologistes et une personne du parti radical de gauche, ce ne sera pas de la tarte. Mais bon, quand il s'agit toujours et encore de prendre les français pour des ..., il n'y a pas de limite.

  • janaliz il y a 10 mois

    je suppose que Valls est content !

  • janaliz il y a 10 mois

    Le pitre l'est de plus en plus. J'aimerais avoir le point de vue de ceux qui nous bassinaient à longueur de forums à propos de voir ce qu'on allait voir... On voit !