Hollande quasi-candidat s'en prend au programme de la droite

le
3
FRANCOIS HOLLANDE ACCUSE LA DROITE DE VOULOIR ABAISSER LA DÉMOCRATIE
FRANCOIS HOLLANDE ACCUSE LA DROITE DE VOULOIR ABAISSER LA DÉMOCRATIE

par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande a prononcé jeudi un discours de combat contre la droite accusée de vouloir abaisser la démocratie et liquider le modèle social français, donnant un signal clair de sa volonté d'être candidat en 2017 pour ne pas laisser l'image de la France s'altérer "lors des prochaines années".

Le président a saisi l'occasion d'une intervention sur "la France face au terrorisme" pour approfondir sa vision du pays et attaquer une opposition jugée trop sûre d'elle quant à ses chances de remporter l'élection présidentielle du printemps.

"Je ne laisserai pas l'image de la France, le rayonnement de la France, l'influence de la France s'altérer lors des prochains mois ou des prochaines années", a dit François Hollande devant le gouvernement de Manuel Valls et des centaines de personnes réunies à l'appel des fondations Jean Jaurès et Terra Nova.

C'est la première fois que le président français, qui doit annoncer ses intentions à la fin de l'année, se projette ainsi aux responsabilités dans un avenir à moyen terme.

En réponse à la série d'attentats sur le sol français, il s'est posé en garant d'une "démocratie qui sera toujours plus forte que la barbarie qui lui a déclaré la guerre".

"Au terme de la lutte, la démocratie triomphera", fut l'entame de ce discours d'une heure prononcé à la première personne du singulier et truffé de piques à l'adresse des candidats à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy en tête.

"Je fais tout pour protéger les Français", a-t-il assuré, invitant chacun, y compris les musulmans de France, à répondre au "terrorisme islamiste" avec "courage, fermeté et sang-froid".

"PAS DE LÉGISLATION DE CIRCONSTANCE"

Le président, parfois décrit comme indifférent, a estimé qu'il ne fallait "jamais nous laisser emporter par la déraison".

"Nous devons assurer la sécurité sans jamais renoncer à vivre comme nous le voulons, comme nous l'entendons", a-t-il insisté, en fustigeant les solutions prônées par la droite tels que l'enfermement des suspects, la remise en cause du droit du sol ou la suppression du regroupement familial.

"Tant que je suis président de la République, il n'y aura pas de législation de circonstance aussi inapplicable qu'inconstitutionnelle", a-t-il estimé.

Il a attaqué son prédécesseur et sa critique des "arguties juridiques" dans la lutte contre le terrorisme.

A l'adresse de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire menacé d'un procès en marge de l'affaire "Bygmalion", François Hollande a ironisé sur "la présomption d'innocence, bien commode à brandir quand il s'agit de plaider pour son propre compte".

Se plaçant aussi face à Alain Juppé, il a opposé son "idée de la France" à l'"identité heureuse" prônée par l'ancien Premier ministre, autre candidat à la primaire de droite.

"L'IDENTITÉ DE LA FRANCE N'EST NI HEUREUSE NI MALHEUREUSE"

"L'identité, elle n'est ni heureuse ni malheureuse", a-t-il dit. "La France est bien plus qu'une identité, c'est une idée, un projet, une ambition."

Ciblant ceux qui pensent que "l'élection c'est la primaire" et que "les Français viendront signer le bas de la page", il a défendu "le suffrage universel - dont je suis encore, jusqu'au mois de mai, le seul qui en ait eu l'onction -, je veux dire que dans une démocratie il y a l'élection."

"Ah ce n'est pas facile l'élection, il faut la mériter, s'y préparer et respecter les citoyens !", a-t-il ironisé.

François Hollande s'est aussi placé face à l'extrême droite, que les sondages donnent présente au second tour en 2017, disant l'importance de ne pas laisser le pays "s'effondrer dans ce qui serait un débat sur l'Histoire ou la nostalgie".

Au moment de voter, les Français, "jugeront des résultats, des personnalités comme des projets", a-t-il souligné, avant d'énumérer les "enjeux" du scrutin : protection des Français, cohésion nationale, modèle social, conception de la démocratie, place de la France en Europe et dans le monde.

Il a accusé les prétendants de droite de vouloir "démanteler, assécher et même liquider le modèle social".

Parmi les pistes de son programme à venir, François Hollande a évoqué la réforme des institutions.

"Il reste beaucoup à faire sur la représentativité de nos assemblées pour les ouvrir davantage à la diversité de notre société", a-t-il dit.

François Hollande a dit sa fierté d'avoir limité le cumul des mandats, tout en précisant : "Je veux qu'on aille plus loin encore en réduisant le cumul des mandats dans le temps".

Après ce discours aux accents de meeting de campagne, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a enfoncé le clou - avec un lapsus - sur BFM TV : "Il est le président de la République aujourd'hui, il n'est pas un candidat comme les autres, il n'est pas dans un débat comme les autres".

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • manx750 il y a 3 mois

    pitoyable pantomime devant un public blasé et sceptique. Parler san talent devant Terra nova qui lu as écrit son discours ! Quel bel exploit ! *Cette intzervention fondatrice restera à n'en pas douter dans l'histoire,tant elle va marquer les esprits de nos contemporains séduits ! MDR !

  • bigot8 il y a 3 mois

    gras double toujours aussi incapable que du bla bla électoral de la socialie leche babouches raus le plus vite possible

  • mo.conta il y a 3 mois

    dégage bon à rien