Hollande invoque pour le présent les "fraternisations" de 1915

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PARIS (Reuters) - François Hollande a appelé jeudi à la "concorde" nationale face aux épreuves, au-delà des sensibilités idéologiques, lors d'une commémoration aux accents politiques dans le sillage des élections régionales.

Quatre jours après le second tour du scrutin, qui, face à la percée du Front national, a conduit des responsables de gauche et de droite à plaider pour un rapprochement, le chef de l'Etat a inauguré le monument des fraternisations à Neuville-Saint-Vaas (Pas-de-Calais), aux côtés notamment de Xavier Bertrand.

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a été porté dimanche à la tête de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie à la faveur d'un "front républicain" socialiste qui l'a amené à affronter en duel la présidente du Front national Marine Le Pen.

"La France est partagée entre des sensibilités différentes, elle sont nécessaires, indispensables même à la démocratie dès lors qu'elle sont respectueuses des valeurs de la République", a déclaré François Hollande lors d'un discours, sans jamais citer le FN.

"Le débat est toujours utile, il est même inhérent à la République et rien ne serait pire que de vouloir l'éteindre de peur qu'il ne s'embrase. Mais face aux épreuves, comme devant les défis, notre pays a besoin de concorde pour résister face à la menace terroriste", a-t-il poursuivi.

"Il nous appartient donc à tous, où que nous soyons, quel que soit notre niveau de responsabilité, de nous hisser au-delà de nous-mêmes", a souligné le président.

Sur BFM TV, notamment, Xavier Bertrand a invité à "sortir du climat de guerre civile dans notre pays".

"Entre devenir tous les mêmes et continuer à être agressifs les uns envers les autres, je pense qu'il y a un juste milieu. Et ce juste milieu, ça s'appelle l'intérêt général", a-t-il plaidé.

"J'ai eu l'occasion de dire au président de la République qui hier m'avait appelé: 'Dans ma région, j'ai des projets, j'ai des problèmes, et si l'Etat m'aide, on ne va pas s'interdire de travailler ensemble'", a-t-il expliqué.

"On aura la présidentielle, qui sera encore certainement un moment d'affrontement mais en attendant, en tout cas dans ma région, je veux essayer de faire les choses autrement", a ajouté Xavier Bertrand. "Il n'est pas interdit de se parler en France."

Le monument de Neuville-Saint-Vaas, près d'Arras, rappelle les fraternisations de soldats britanniques, canadiens, allemands et français durant la Première guerre mondiale : un match de football sur le champ de bataille, un verre, du tabac échangés...

Les scènes ont été décrites il y a cent ans par un militant socialiste, Louis Barthas, dans de petites cahiers qui ont inspiré le réalisateur Christian Carion pour son film "Joyeux Noël", sorti en 2005.

(Sophie Louet avec Simon Carraud, édité par Yann Le Guernigou)

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  • dotcom1 il y a 12 mois

    Le Pen pique bien les idées de Mélanchon.