Hollande et Valls mettent en garde contre une Europe disloquée

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FRANÇOIS HOLLANDE RAPPELLE LES RÈGLES DE L'ESPACE SCHENGEN
FRANÇOIS HOLLANDE RAPPELLE LES RÈGLES DE L'ESPACE SCHENGEN

PARIS/DAVOS (Reuters) - François Hollande et Manuel Valls ont mis en garde jeudi contre la dislocation de l'Europe si elle ne parvient pas à répondre à la crise des réfugiés et à la menace terroriste, le président français renouvelant sa promesse de réformes de la zone euro.

Pour répondre à un autre péril, la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, le chef de l'Etat et le Premier ministre français ont souhaité que l'Europe s'approche d'un compromis dès le Conseil européen du mois prochain.

Le président de la Commission européenne a de nouveau alerté mercredi sur la menace liée aux entorses à la libre circulation dans l'espace Schengen décidées face à la plus grande crise migratoire sur le continent depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Si Schengen venait à disparaître, l'euro lui même serait rapidement menacé, a dit Jean-Claude Juncker.

Lors d'une intervention au Forum de Davos, Manuel Valls s'est montré alarmiste.

"L'Europe peut sortir de l'Histoire, peut se disloquer, le projet européen peut mourir - et pas dans quelques décennies, pas dans quelques années - très vite, si nous ne sommes pas capables de répondre au défi de la sécurité", a-t-il dit.

"Oui, l'Europe peut sortir de l'Histoire, elle a oublié qu'il y avait des frontières et elle a oublié que l'Histoire pouvait être tragique", a-t-il insisté.

Un peu plus de deux mois après les attentats islamistes qui ont fait 130 morts en France, Manuel Valls a décrit un continent engagé dans "une guerre mondiale, une guerre globale" contre le terrorisme, qui durera "une génération".

En outre, "il y a la crise des réfugiés, que les opinions peuvent être amenées à confondre avec celle des défis terroristes", a-t-il dit.

Dans ses voeux au corps diplomatique, François Hollande a lui aussi évoqué les menaces que fait peser l'afflux de réfugiés sur l'avenir de l'Europe.

La réponse européenne doit être "conforme à ses principes de solidarité mais fondée sur les règles de Schengen", a-t-il dit. "L'enjeu est de renforcer Schengen et non de l'affaiblir. L'urgence pour l'Europe, c'est de retrouver la maîtrise de ses frontières extérieures."

PROPOSITIONS FRANCO-ALLEMANDES SUR LA ZONE EURO

Comme son Premier ministre, il a évoqué les risques de "dislocation" de l'Europe, notamment symbolisés par le projet de référendum en Grande-Bretagne sur la sortie de l'Union.

"La France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne. C’est l'intérêt de l’Europe et c’est l’intérêt de la Grande-Bretagne", a-t-il dit, jugeant qu'aucune des demandes formulées par le Premier ministre britannique, David Cameron, n'était "insurmontable".

"Que le Royaume-Uni veuille prendre une voie différente dans l'Union européenne, je peux l'admettre", a-t-il ajouté. "Mais ça ne doit pas empêcher les pays qui ont décidé d’aller plus loin dans l'intégration, notamment monétaire, de pouvoir le faire."

Face à l'émergence des extrémismes dans toute l'Union, le président a jugé urgent de "redonner une perspective à l'Europe tout entière. Sinon la tentation du repli national gagnera, avec le risque de dislocation du projet européen".

Il a rappelé le projet de la France et de l'Allemagne de présenter "avant la fin de l'année" des propositions pour poursuivre l'approfondissement de la zone euro.

Elles "aborderont le cadre politique et démocratique, les institutions et les instruments de solidarité qui seront nécessaires pour assurer la stabilité et la croissance dans la zone euro", a dit François Hollande, qui rencontrera la chancelière Angela Merkel à Strasbourg le 7 février.

Après ce rendez-vous, le Conseil européen des 18 et 19 février devra donner l'assurance que "la zone euro puisse poursuivre son approfondissement" car "nous devons aller plus loin dans l’intégration de l’Union économique et monétaire et en même temps redonner une nouvelle perspective à l’Europe tout entière".

(Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau à Paris, avec les équipes de Reuters à Davos, édité par Yves Clarisse)

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