Hollande de retour de Kiev après une première étape diplomatique

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FRANÇOIS HOLLANDE DE RETOUR DE KIEV AVANT DE REPARTIR POUR MOSCOU
FRANÇOIS HOLLANDE DE RETOUR DE KIEV AVANT DE REPARTIR POUR MOSCOU

PARIS (Reuters) - François Hollande a qualifié vendredi de "première étape" son voyage à Kiev la veille, en compagnie d'Angela Merkel, pour tenter d'ouvrir une brèche diplomatique vers une solution politique en Ukraine, où la violence redouble d'intensité.

Comme la chancelière, le président français est revenu quelques heures dans son pays avant de reprendre à la mi-journée l'avion pour Moscou, où une réunion avec le président Vladimir Poutine est prévue en fin d'après-midi.

"C'est une première étape", a dit François Hollande à son arrivée au ministère français de l'Economie où il a présidé un forum économique franco-africain.

Le marathon ukrainien a quelque peu modifié son agenda. Il a annulé un déjeuner franco-africain prévu à l'Elysée et devait s'entretenir en particulier avec le Sénégalais Macky Sall, le Congolais Omar Bongo et l'Ivoirien Alassane Ouattara avant de reprendre le chemin de l'aéroport.

Peu a filtré de la réunion restreinte entre François Hollande, Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko, suivie d'une séance de travail et d'un dîner.

"On n'est pas partis de zéro. Il y a eu un gros travail, un travail important, ils y ont passé de longues heures", a rapporté l'entourage du président français.

A Moscou, le principal conseiller du Kremlin sur la politique extérieure, Yuri Ushakov, a fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à avoir des entretiens constructifs avec François Hollande et Angela Merkel.

RENCONTRE DE LA DERNIÈRE CHANCE?

L'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, a jugé cette rencontre à trois utile face à "une urgence, une vraie urgence d'éviter la guerre, d'éviter le massacre de civils."

"C'est une rencontre d'espoir, je n'irai pas jusqu'à dire une rencontre de la dernière chance mais c'est tout comme", a-t-il dit en précisant qu'elle avait été longuement préparée par des contacts entre Paris, Berlin, Moscou et Kiev.

L'ancien Premier ministre français Alain Juppé a approuvé l'initiative franco-allemande.

"Il y a longtemps qu'on attendait une initiative de la France et de l'Allemagne, à la fois du côté de Kiev mais aussi de Moscou", a-t-il dit devant la presse à Bordeaux.

"Je pense qu'il faut savoir dire stop à Poutine. Je pense qu'on a eu raison d'adopter un certain nombre de sanctions mais en même temps on ne va pas aller à une confrontation avec la Russie. C'est absolument déraisonnable et inenvisageable."

Engagés depuis juin dans un processus de facilitation dans la crise ukrainienne, François Hollande et Angela Merkel ont décidé de se rendre à Kiev et Moscou pour donner une chance à la diplomatie à l'heure où le conflit menace de se transformer en "guerre totale", nourrissant un débat sur une livraison d'armes aux forces ukrainiennes à laquelle Paris et Berlin sont opposés.

PARIS NE VEUT PAS DE L'UKRAINE DANS L'OTAN

Plus de 5.000 personnes sont mortes dans le conflit qui oppose depuis neuf mois l'armée ukrainienne aux séparatistes pro-russes dans l'Est et pour lequel aucune initiative diplomatique n'a pour l'heure abouti à un cessez-le-feu durable entre les deux parties.

"En Ukraine, c'est la guerre, des armes lourdes sont utilisées, des civils tous les jours sont tués", a dit François Hollande jeudi lors d'une conférence de presse à l'Elysée. "Nous sommes dans la guerre et dans une guerre qui peut être totale".

Paris et Berlin continuent de réclamer la mise en oeuvre de l'accord de Minsk conclu en septembre sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui prévoyait entre autres un cessez-le-feu immédiat et le départ des "groupes armés illégaux".

Cet accord n'a pratiquement jamais été respecté et nouvelle tentative diplomatique en vue d'obtenir un cessez-le-feu s'est soldée par un échec samedi dernier dans la capitale biélorusse.

En dépit des sanctions internationales qui pèsent sur l'économie russe, le soutien apporté par Moscou aux séparatistes russes ne faiblit pas et incite les Etats-Unis à envisager la livraison d'armes à l'Ukraine, ce que Paris refuse à ce stade.

S'adressant aux Russes, François Hollande a redit jeudi son opposition à une entrée de l'Ukraine dans l'Otan, une évolution redoutée par le pouvoir en Russie.

"La France n'est pas favorable à ce que l'Ukraine entre dans l'Alliance atlantique", a-t-il dit. "Je le dis pour les Russes, qui s'inquiètent toujours, qui pensent qu'il y a la main des Américains."

(Elizabeth Pineau, avec John Irish et Marine Pennetier, et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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  • ZvR le vendredi 6 fév 2015 à 12:18

    L'ukraine ça coute horriblement cher à la france, et à l'europe. Pour la france l'ardoise se chiffre en dizaines de milliards d'euros de pertes diverses sans compter la généreuse contribution qu'il faudra verser pour remettre le pays d'aplomb. Ca devient très urgent de régler ça et de stopper l'hémorragie.

  • M4484897 le vendredi 6 fév 2015 à 11:58

    Et de la France tu t'en occupes quand?