Hillary Clinton et Donald Trump renforcés par le Super Tuesday

le , mis à jour à 08:55
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CLINTON ET TRUMP REMPORTENT LE SUPER TUESDAY
CLINTON ET TRUMP REMPORTENT LE SUPER TUESDAY

par Steve Holland et John Whitesides

WASHINGTON/PALM BEACH, Floride (Reuters) - Hillary Clinton chez les démocrates et Donald Trump dans le camp républicain sont sortis vainqueurs dans sept des onze Etats appelés à voter pour les primaires de chaque parti en vue de l'élection présidentielle du 8 novembre, selon les projections des chaînes de télévision américaines.

En tout, douze Etats se prononçaient lors de ce "Super Tuesday" qui attribuait un cinquième des délégués démocrates et près du quart des délégués républicains pour les conventions des deux partis l'été prochain. Dans deux d'entre d'eux, le Colorado pour les démocrates et l'Alaska pour les républicains, les électeurs d'un seul parti étaient appelés aux urnes.

Dans le camp démocrate, Hillary Clinton s'impose en Alabama, dans l'Arkansas, en Géorgie, dans le Massachusetts, dans le Tennessee, au Texas et en Virginie. Son rival Bernie Sanders s'impose sur ses terres, le Vermont, et dans trois autres Etats (le Colorado, le Minnesota et l'Oklahoma).

Côté républicain, et avant les résultats des caucus de l'Alaska, Donald Trump prend l'Arkansas, l'Alabama, la Géorgie, le Massachusetts, le Tennessee, le Vermont et la Virginie.

Son plus proche rival, Ted Cruz, l'emporte chez lui, au Texas, l'Etat le plus peuplé à se prononcer lors de cette journée, mais aussi dans l'Oklahoma.

Le sénateur de Floride Marco Rubio, favori des dirigeants du "Grand Old Party" mais manifestement pas de ses électeurs, sauve l'honneur en signant dans le Minnesota sa première victoire depuis le début de la longue saison des primaires.

CRUZ APPELLE AU RALLIEMENT DERRIÈRE LUI,

RUBIO CROIT ENCORE EN SES CHANCES

Fort de ses deux nouveaux succès, après celui inaugural dans l'Iowa au tout début des primaires, le 1er février dernier, Cruz a appelé Marco Rubio et les deux derniers challengers républicains, le gouverneur de l'Ohio John Kasich et l'ancien neurochirurgien Ben Carson, à se retirer et à s'unir derrière lui pour faire barrage à l'intrus Donald Trump.

"Nous sommes les seuls à pouvoir battre Trump et empêcher ce qui serait un désastre pour les républicains, les conservateurs et le pays", a-t-il déclaré à Stafford, son quartier général texan.

Interrogé sur CNN, Rubio a exclu de se retirer, se disant convaincu au contraire de pouvoir inverser la dynamique lorsque le vote va se dérouler dans des Etats qui lui sont a priori plus favorables, et quand les électeurs républicains vont réaliser que Trump est un "imposteur", sa ligne d'attaque depuis la semaine dernière.

"On ne peut pas désigner un candidat qui ne condamne pas le Ku Klux Klan", a martelé le sénateur de Floride en allusion au mutisme du magnat de l'immobilier après l'irruption de suprémacistes blancs pendant un de ses récents meetings.

N'en déplaise à Rubio, Trump, vainqueur aussi bien dans des Etats conservateurs du Sud que dans des Etats plus modérés du Nord-Est, a confirmé mardi sa capacité à séduire des électeurs très différents et renforcé ainsi ses chances d'obtenir l'investiture républicaine malgré les réticences de la plupart des cadres du parti.

Davantage encore que l'ultra-conservateur Cruz, Rubio est considéré par les républicains modérés comme le seul à pouvoir enrayer la marche triomphale du New-Yorkais, qui dispose désormais de 274 délégués en vue de la convention de Cleveland contre 149 pour Cruz et 82 pour Rubio.

"Les scores de Trump ne cessent de baisser, Etat après Etat", a déclaré le jeune sénateur de Floride avant l'annonce de sa victoire dans le Minnesota, en voulant pour preuve sa courte défaite en Virginie, où les derniers sondages le donnaient largement perdant face à Trump.

Le milliardaire iconoclaste n'a pas manqué de lui répondre lorsqu'il est apparu devant la presse sur les terres de son rival, à Palm Beach: "Cela a été une dure soirée pour Rubio, mais il travaille dur", a ironisé Trump, qui a au contraire chaleureusement félicité Cruz pour sa victoire au Texas.

Il a aussi adressé une pique à Clinton, s'amusant de l'avoir entendu dire dans son discours qu'elle allait augmenter les salaires et améliorer la vie des Américains, "comme si elle n'était pas là depuis des années".

Mais le milliardaire s'est aussi présenté comme un "unificateur" de son parti, dont les élites s'inquiètent de sa candidature.

SANDERS IRA AUSSI JUSQU'AU BOUT

Côté démocrate, malgré la résistance inattendue de Sanders, l'issue des primaires ne semble en effet pas faire de doute, tant l'ex-secrétaire d'Etat semble bénéficier d'une large réserve de voix chez les populations noire et hispanique.

Après son triomphe ce week-end en Caroline du Sud, Clinton partait grande favorite dans les Etats du Sud où la population noire est importante et où elle s'est imposée avec une avance écrasante.

"Quel Super Tuesday!", s'est exclamée, la voix cassée par la succession de meetings, l'ex-secrétaire d'Etat à Palm Beach, en Floride, où elle poursuit sa campagne et où elle s'en est une nouvelle fois pris au slogan de Trump, "Make America Great Again" ("Rendre sa grandeur à l'Amérique") pendant que ses partisans en liesse scandaient "USA, USA".

"Essayer de diviser l'Amérique entre 'eux' et 'nous' est une faute et nous n'allons pas permettre cela", a-t-elle promis en fustigeant les discours d'une "bassesse sans précédent" des candidats républicains.

Hors "super délégués", l'ex-First Lady et ancienne sénatrice de New York dispose désormais de 548 délégués contre 351 seulement pour Sanders.

Mais si Clinton se projette déjà dans un probable duel contre Trump, son rival a assuré, après l'annonce de son succès dans le Vermont et avant même d'être informé de ses trois autres succès du soir, qu'il ne jetterait pas l'éponge avant la fin des primaires.

"Nous ne gagnerons pas partout, cela va sans dire, mais cela me fait chaud au coeur que les gens qui me connaissent le mieux (...) veuillent me voir à la Maison blanche", a-t-il dit à ses partisans rassemblés à Essex Junction.

"Cette campagne vise à transformer l'Amérique, pas seulement à élire un président", a ajouté Bernie Sanders en lançant une nouvelle charge contre les "Super PACs", les comités d'action politique qui financent les campagnes des candidats, y compris en attaquant leurs adversaires, et qu'il a accusés de "détruire la démocratie américaine".

Les primaires se poursuivront samedi prochain dans cinq Etats (Kansas pour les caucus démocrates et républicains, Kentucky pour les caucus républicains, Louisiane pour les primaires démocrates et républicaines, Maine pour des caucus républicains et Nebraska pour des caucus démocrates).

(Tangi Salaün pour le service français; édité par Henri-Pierre André)

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