Hillary Clinton aurait déjà gagné mais joue gros en Californie

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HILLARY CLINTON JOUE GROS EN CALIFORNIE
HILLARY CLINTON JOUE GROS EN CALIFORNIE

par James Oliphant et Dan Whitcomb

WASHINGTON/LONG BEACH (Reuters) - Hillary Clinton dispose désormais d'un nombre suffisant de délégués pour obtenir l'investiture du parti démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre, selon le décompte de plusieurs médias américains, mais elle n'en jouera pas moins gros mardi lors du dernier "Super Tuesday" des primaires.

Selon la chaîne NBC et l'agence AP, l'ex-secrétaire d'Etat a atteint le seuil des 2.383 délégués requis pour obtenir l'investiture lors de la convention du parti démocrate à Philadelphie, en juillet, après sa victoire dans la primaire de Porto Rico, lundi, et le ralliement ces derniers jours de super-délégués supplémentaires, ces dirigeants du parti libres de faire leur choix.

Elle deviendrait ainsi la première femme candidate à une élection présidentielle sous la bannière d'un des deux grands partis depuis l'indépendance des Etats-Unis. Elle devrait y être opposée à Donald Trump, candidat présumé du parti républicain.

Bernie Sanders a néanmoins indiqué qu'il n'entendait pas jeter l'éponge et a dénoncé une nouvelle fois le fait que les super-délégués soient pris en compte dans le calcul du nombre de grands électeurs requis pour obtenir l'investiture.

"Nous avons jusqu'à la convention pour convaincre ces super-délégués que Bernie serait un candidat bien plus solide face à Donald Trump", a déclaré le porte-parole de son équipe de campagne, Michael Briggs, dans un communiqué.

Hillary Clinton s'est elle-même montrée prudente après la proclamation par les médias américains de sa "victoire".

"D'après les informations, nous sommes à deux doigts d'un moment historique sans précédent", a-t-elle dit à ses partisans réunis à Long Beach, en Californie.

"Mais nous avons encore du travail, n'est-ce pas ? Six Etats votent et nous allons nous battre avec acharnement pour chaque vote, en particulier ici, en Californie", a ajouté l'ex-secrétaire d'Etat.

SANDERS A TOUT MISÉ SUR LA CALIFORNIE

Une défaite en Californie porterait de fait un coup à la campagne de Clinton et alimenterait l'image d'une candidate "affaiblie", comme Donald Trump ne cesse de le répéter.

Vendredi, un sondage de la University of Southern California pour le Los Angeles Times donnait Sanders devant Clinton d'un point de pourcentage, avec 44% des suffrages, quand en mars, l'ex-secrétaire d'Etat bénéficiait encore d'une avance de neuf points dans cet Etat.

Le sénateur du Vermont a fait de la Californie son tremplin vers la convention démocrate de Philadelphie, où sera notamment défini le programme du parti.

Gagner en Californie, et encore plus avec une large avance, lui permettrait de justifier son maintien dans la course à l'investiture jusqu'au bout tout en lui donnant le moyen de peser sur les choix de Clinton, de son programme à son futur cabinet, si elle est élue présidente.

Les districts californiens où l'issue du vote est la plus incertaine ont formé ces derniers jours la "ligne de front" de l'élection, sillonnée par les deux candidats démocrates. Long Beach, ville du 47e district de Californie, a vu Sanders lui rendre visite il y a une semaine, et Clinton s'y est rendue vendredi et lundi.

Le parlementaire local, Alan Lowenthal, est l'un des rares membres démocrates de la Chambre des représentants à n'avoir pas encore choisi entre Clinton et Sanders. Il a dit à Reuters avoir reçu "une quantité incroyable d'appels et de pressions des gens de Sanders", mais réserve toujours sa décision.

Un temps républicain, son district comporte désormais plus de libéraux, après une évolution démographique qui a vu les électeurs latinos et d'origine asiatique devenir majoritaires.

"ON A TROUVÉ NOTRE VOIX"

Clinton bénéficie un peu partout aux Etats-Unis d'un fort soutien parmi les minorités mais à Long Beach, les supporters de Bernie Sanders étaient lundi très nombreux et faisaient fi des statistiques.

Si l'ex-sénatrice de New York perd la primaire de mardi, ce sera à cause d'électeurs comme Nallely Perez, à Long Beach. L'étudiante d'origine hispanique de 24 ans a le profil idéal pour être un soutien de Clinton, et pourtant elle votera Sanders.

"Tout ce que je soutiens, il l'a dit", explique-t-elle, citant sa promesse d'universités gratuites et d'une couverture santé universelle. "On a trouvé notre voix avec lui", poursuit-elle.

Lia Roldan, décoratrice sur les plateaux de cinéma, justifie son choix de Sanders par le fait qu'"il a beaucoup d'expérience pour défendre les causes qui importent aux ouvriers". Elle ajoute qu'elle soutiendra Clinton à regret face à Trump, pour éviter sa victoire.

D'autres, comme Sami Reed, âgé de 42 ans et fondateur d'une société spécialisée dans le bien-être dans les entreprises, voteront pour Clinton dès mardi. "J'adore Bernie (...) mais je vais probablement voter pour Hillary juste parce que je ne veux pas que Trump gagne", dit-il.

En Californie, la candidate a pris grand soin de diriger ses critiques contre Trump et non contre Sanders. Le 8 novembre, toutes les voix des électeurs du sénateur du Vermont seront en effet les bienvenues face au magnat de l'immobilier.

(Julie Carriat pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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