Gérard Brémond: «J'aurais voulu être musicien de jazz»

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CONFIDENCES - Le président de Pierre & Vacances et créateur d’Avoriaz a côtoyé Boris Vian, John Coltrane et Miles Davis. II a été journaliste spécialisé, avant de passer aux affaires. Et continue à écouter plusieurs heures par jour ses morceaux préférés.

Créateur d’Avoriaz, la station de ski sans voitures, écolo avant l’heure, fondateur du groupe Pierre & Vacances, il a été un des pionniers qui ont mis en musique les vacances pour tous. A 77 ans, toujours aux manettes de son groupe, il manie l’humour décalé. Redoutable négociateur, il assure qu’il faut s’amuser en travaillant et s’agace de tous ceux qui perdent leur temps à se plaindre de la morosité économique française. Lui a mieux à faire!

Le tempo pour bien commencer la journée?

Le matin est un moment pénible. A cette heure-là, le réveil musical doit être jubilatoire. Je fais confiance à Dizzie Gillespie, Count Basie ou Ray Charles. J’écoute du jazz au moins deux heures par jour, c’est mon oxygène.

Votre meilleur souvenir?

En 1958, un article que j’ai écrit pour Jazz Hot sur John Coltrane. Il l’a révélé et a été reproduit même en japonais sur les pochettes de disques.

Le plus beau cadeau qu’on vous ait fait?

La bande d’un concert de John Coltrane et de Miles Davis que m’a offerte Daniel Filipacchi.

L’improvisation des jazzmen vous inspire-t-elle en affaires?

Le jazz est structuré, l’impro vient après. Dans les affaires, il faut les compétences, la technique, le QI est la base nécessaire, mais elle n’est rien sans le QE, le quotient émotionnel. Les créatifs conjuguent les deux. J’essaie.

Que faites-vous de mieux qu’il y a trente ans?

Je suis plus rapide dans mes décisions. J’ai envie que les choses avancent plus vite, le temps est compté.

Le secret d’une bonne négociation?

Savoir précisément le résultat que l’ont veut atteindre. La tactique pour y arriver dépend ensuite de l’interlocuteur. On peut être frontal avec un Américain ou un Allemand, il faut mettre en confiance un Anglais ou un Italien.

Plutôt big band ou quartet?

Le collectif, c’est plus que l’addition d’individualités. Ce qui m’intéresse, c’est de trouver des talents qui vont se réaliser. A Avoriaz, j’ai fait confiance à Jacques Labro, un architecte qui n’avait rien construit.

Votre fondation, c’est pour quoi faire?

Un château, un yacht, ce n’est pas pour moi. Ces signes d’autosatisfaction ne m’intéressent pas. Je mets des ressources au service de l’environnement sur des projets de long terme comme l’assainissement et l’eau dans les pays émergents.

Qu’est-ce qui vous donne envie d’aller au bureau?

Le côté ludique, imprévisible de ce qui peut arriver. L’événement qui ne se déroule pas comme prévu, surtout quand c’est une bonne surprise. La complicité avec un architecte, un paysagiste, un politique.

Les politiques sont-ils vos alliés?

Le discours qui conspue les hommes politiques m’exaspère. La plupart de ceux qui les critiquent ne seraient pas capables de faire ce qu’ils font. Ils sont poussés par des motivations d’intérêt général - au moins au début. Ceux qui durent en politique, ce n’est pas par hasard. Et je ne dis pas ça parce j’attends quelque retour que ce soit!

Les vacances pour vous, c’est?

Toute l’année.

Votre film préféré?

J’ai été producteur. Parmi ceux que j’ai produits, mon préféré c’est Monsieur Hire de Patrice Leconte avec Michel Blanc.

La qualité qui vous a le plus servi?

Mon goût pour le jazz, l’approche ludique de la vie. Tout est tragique, éphémère, c’est important de s’amuser, parce qu’on sait bien comment tout ça va se terminer.

Un conseil aux jeunes entrepreneurs?

Ne pas être résigné. Si vous êtes dans un secteur qui vous ennuie, changez!

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