Front national : Marine Le Pen et le poids de l'héritage

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Je ne veux pas que le premier mort que tu voies soit moi, dit Le Pen à sa fille en l'emmenant à la morgue voir la dépouille d'un député FN. Elle est alors jeune femme.
Je ne veux pas que le premier mort que tu voies soit moi, dit Le Pen à sa fille en l'emmenant à la morgue voir la dépouille d'un député FN. Elle est alors jeune femme.

Tandis qu'en ce mois de février 1985, la gouvernante range la cuisine, le père dit à sa fille qu'il souhaite lui parler en tête à tête. Marine, 16 ans et demi, santiags aux pieds, se rassure, elle n'a rien à redouter. Le sermon disciplinaire, ce n'est pas le genre de son père Jean-Marie, que l'éducation et ses constances n'intéressent guère. N'est-il pas, comme le résume drôlement une de ses amies du lycée, un père "du genre de ceux qui, apprenant que sa fille fume, iraient lui chercher un briquet" ? Marine le retrouve dans son bureau. Une pièce lumineuse, au premier étage de la villa Montretout, décorée d'objets marins dont le cuivre s'est patiné. C'est la première fois que son père lui parle ainsi, à elle uniquement, à elle comme si elle comptait pour lui.

"Demain, ça va tanguer sec", l'avertit le président du Front national. Et de lui confier que le lendemain, le 12 février 1985, le quotidien Libération publiera des documents prouvant qu'il a torturé pendant la guerre d'Algérie. La première fois qu'un père parle à sa fille grandissante, la première fois qu'un père divorcé s'adresse à sa cadette, que sa mère vient de quitter sans un mot de tendresse ou d'explication, la première fois que Jean-Marie Le Pen parle à Marine Le Pen comme à une adulte, c'est pour lui dire qu'il a fait souffrir des prisonniers afin de leur arracher des aveux. Sur le seuil du monde des grands, l'adolescente est invitée à franchir le pas par...

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