Frappes américaines en Syrie, combats à la frontière turque

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COMBATS À LA FRONTIÈRE TURQUE ET BOMBARDEMENTS DE LA COALITION EN SYRIE
COMBATS À LA FRONTIÈRE TURQUE ET BOMBARDEMENTS DE LA COALITION EN SYRIE

par Mariam Karouny et Jonny Hogg

BEYROUTH/MURSITPINAR Turquie (Reuters) - Les frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés ont touché une usine de gaz naturel contrôlée par le groupe Etat islamique dans l'est de la Syrie, et, sur le terrain, des chars turcs ont pris position à la frontière syrienne, en surplomb de Kobani où les combats continuent entre l'EI et les forces kurdes.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres qui tente de reconstituer le déroulé de la guerre en Syrie, a précisé que les frappes aériennes, qui ont eu lieu dans la nuit, ont touché une usine à gaz du groupe Conoco aux abords de la ville de Daïr az Zour dans l'est de la Syrie. Plusieurs djihadistes ont été blessés.

L'OSDH fait également état d'un silo à céréales touché par les frappes aériennes à Manbidj, dans le nord de la Syrie, avec des civils tués. L'information n'a pu être confirmée sur place.

L'armée américaine a indiqué qu'elle visait des véhicules de l'EI à côté du silo et qu'il n'y avait pas à sa connaissance de victimes civiles.

Pour l'instant, les frappes des Etats-Unis et de leurs alliés n'ont pas réussi à stopper l'avancée des djihadistes de l'EI dans le nord de la Syrie vers la ville kurde de Kobani (Aïn al Arab) située à la frontière avec la Turquie. Les combats de la semaine dernière dans ce secteur entre l'EI et les forces kurdes ont entraîné l'exode de 140.000 Syriens.

TRENTE BLINDÉS TURCS

Lundi, des chars et véhicules blindés turcs ont pris position à la frontière syrienne, sur des hauteurs dominant Kobani, a constaté un journaliste de Reuters. Il a compté au moins 30 chars et véhicules blindés, certains le canon pointé vers le territoire syrien.

"Nous avons mis la frontière sous contrôle. Nous avons renforcé les mesures de sécurité dans la région de Suruc", a déclaré à la presse à Istanbul le ministre turc de l'Intérieur, Efkan Ala, faisant référence au côté turc de la frontière.

Au moins deux obus ont atterri sur le sol turc lundi.

Egalement visé par les frappes américaines, le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, a fait savoir par la voix de son chef qu'une riposte serait organisée contre l'Occident en représailles.

"Les musulmans ne se contenteront pas de regarder pendant que leurs fils sont bombardés. Vos dirigeants ne seront pas les seuls à payer le prix de la guerre. Vous paierez le prix le plus lourd", a déclaré Abou Mohamad al Golani dans un message audio mis en ligne sur des forums de soutien au Front al Nosra.

Dans le secteur de Kobani, les Kurdes qui observent les combats du côté turc de la frontière, estiment que l'YPG, principal groupe armé kurde, se défend vigoureusement sur place.

"De nombreux combattants de l'Etat islamique ont été tués. Ils n'emportent pas les corps avec eux", raconte Ayhan, un Kurde turc qui a eu au téléphone un de ses amis engagé dans les rangs de l'YPG. Les forces kurdes, ajoute-t-il, ont ramassé les corps de huit membres de l'EI.

A Mursitpinar, le poste-frontière turc tout proche, des dizaines de jeunes hommes repartent vers la Syrie. Beaucoup disent vouloir participer aux combats. Les réfugiés sont plus nombreux dans la direction opposée.

"A cause des bombes, tout le monde s'enfuit. Nous avons entendu dire que des gens avaient été tués", raconte Xelil, un ingénieur de 39 ans qui a fui Kobani lundi. "L'YPG a des armes de taille modeste, mais l'Etat islamique en a de grosses et des chars."

"QUE LES SYRIENS, PAS LES TURCS"

Un responsable local de Kobani joint par téléphone dit que l'EI continue à assiéger la ville par l'est, l'ouest et le sud. Les djihadistes sont à dix kilomètres des faubourgs.

"Depuis ce matin, il y a des bombardements sur Kobani, pas une roquette isolée, mais peut-être une vingtaine", affirme Idriss Nassan, vice-ministre des Affaires étrangères du canton de Kobani.

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdulrahman, au moins 15 obus de mortier ont atterri sur Kobani lundi, faisant au moins un mort. Selon lui, les combattants de l'EI sont à 5 km de la ville.

La Turquie n'a pas autorisé ses propres Kurdes à participer aux combats. "S'ils ont des papiers d'identité syriens, ils peuvent y aller. Mais que les Syriens, pas les Turcs", martèle un responsable turc à la frontière.

Les avions américains ont également touché des secteurs de la ville d'Hasaka dans le nord-est de la Syrie ainsi que la banlieue de Rakka, dans le nord, "capitale" du groupe EI.

Les frappes sur Rakka sont également mentionnées par l'agence de presse nationale syrienne.

L'OSDH fait également état de dix frappes aériennes dans la province d'Idlib faisant sept morts dont deux enfants.

Pendant que les Etats-Unis frappent dans l'Est, l'armée syrienne a intensifié ses bombardements dans l'Ouest. Dans la nuit, elle a mené des raids sur la province d'Alep et à Hama, indique l'OSDH.

(Danielle Rouquié pour le service français, édité par Eric Faye)

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  • 35924358 le mardi 30 sept 2014 à 18:12

    Il y a aussi plein de djihadistes à Gaza, amis de ceux de l'EI qui massacrent les Chrétiens.