François Hollande se veut rassurant sur le code du travail

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HOLLANDE VEUT RASSURER SUR LE CODE DU TRAVAIL
HOLLANDE VEUT RASSURER SUR LE CODE DU TRAVAIL

par Gilbert Reilhac

NANCY (Reuters) - François Hollande a réitéré jeudi à Nancy sa volonté de poursuivre les réformes jusqu'à la fin de son mandat, dont celle du code du travail qu'il veut mener sans toucher à ce qu'il a appelé "un socle de droits".

Les grandes orientations de la réforme, qui portera aussi sur le compte personnel d'activité, seront dévoilés mercredi par le Premier ministre Manuel Valls et par la ministre du travail Myriam El Khomri.

Le projet de loi sera présenté dès le début de l'année prochaine, a précisé le président de la République dans un discours devant les élus de Meurthe-et-Moselle réunis au siège du conseil départemental, à Nancy.

"Nous allons garder un socle de droits : contrat de travail, Smic, durée légale du travail, mais offrir aux partenaires sociaux, dans les entreprise et dans les branches professionnelles, une liberté pour décider, pour négocier, pour avancer", a-t-il affirmé.

Il n'y a "rien à craindre puisque la protection des droits est assurée mais tout à imaginer dès lors que devons adapter les entreprises à la nature de leur activité, à la concurrence dont elles sont face", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat s'est félicité de voir apparaître "les premiers résultats" d'un redémarrage économique avec "une croissance en hausse depuis 2013", un coût du travail faisant jeu égal avec l'Allemagne selon lui et un chômage en recul de 0,7% septembre.

"J'entends réformer jusqu'au dernier jour de mon mandat", a dit François Hollande, attribuant aux réformes déjà menées, dont les baisses de charges en faveur des entreprises, ce début d'embellie.

"GÉNÉRATIONS FUTURES"

La réforme, "c'est aussi permettre au plus grand nombre de Français de devenir propriétaires", a-t-il dit en soulignant que c'était actuellement pour les jeunes "une tâche impossible".

Il entend donc réformer le prêt à taux zéro, une aide à l'accession à la propriété, mais n'a pas dévoilé le contenu du projet si ce n'est l'idée de le porter à 40% du montant de l'opération, contre 18% à 26% aujourd'hui.

Le président, dont le discours semblait déjà taillé pour la campagne en vue d'une réélection, a affirmé sa volonté de réformer "pour la génération présente mais aussi pour les générations futures", comme en 2012, lorsqu'il avait mis l'accent sur la jeunesse.

Il a néanmoins, d'une manière subliminale, paru envisager d'être défait en 2017, concédant : "Le bilan d'un président de la République (...) c'est finalement celui qu'on dresse bien des années après".

Son déplacement avait débuté en Moselle, à Montigny-lès-Metz, dans le quartier de casernes Raffenel-Delarue où il a inauguré la première promotion du service militaire volontaire.

Annoncé en février dernier, après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et une supérette casher, ce dispositif est proposé aux jeunes de 18 à 25 ans sans emploi ni qualification qui cherchent des repères et une formation.

Le centre de l'agglomération de Metz accueille depuis quinze jours la première promotion, mixte, d'une centaine de jeunes gens. Deux autres ouvriront d'ici janvier, à Brétigny-sur-Orge en région parisienne et à La Rochelle (Charente-Maritime). Ils devraient être sept à la fin 2016.

François Hollande s'est ensuite offert un bain de foule dans un quartier populaire de Vandoeuvre-lès-Nancy, deuxième ville du département, dans la banlieue de Nancy.

En compagnie du maire socialiste, Stéphane Hablot, il a arpenté pendant trois-quarts d'heure les rues du quartier Trèves-Fribourg, objet d'un récent plan de rénovation urbaine, où l'empressement bienveillant des habitants autour de lui a contrasté avec les huées entendues à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) il y a huit jours.

(Gregory Blachier)

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