François Hollande reprend des bains de foule

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Irruption de militantes aux seins nus, aparté avec des journalistes, bain de foule improvisé : François Hollande a donné mardi à Paris des sueurs froides à ses conseillers désireux de mieux "calibrer" ses apparitions publiques.

Esseulé à mi-quinquennat, décrié par une partie de sa famille socialiste, très bas dans les sondages d'opinion, le président a repris la liberté d'une rencontre impromptue avec des passants, un exercice dont il a toujours été friand et qui s'est fait beaucoup plus rare ces derniers mois.

Le président a vu fondre sur lui deux militantes du groupe Femen, qui ont découvert leur torse nu où l'on pouvait lire les mots : "This is politics" ("Ceci est de la politique"), avant d'être écartées par les services de sécurité.

"Vous êtes féministes et je vous comprends", leur a-t-il dit.

A la Maison de la Poésie, François Hollande a ensuite rencontré une quinzaine de responsables d'associations liées à "La France s'engage", dispositif d'encouragement d'initiatives sociales et solidaires souvent portées par des bénévoles.

L'occasion, lors d'une table ronde, d'un message à l'adresse de ceux qui lui reprochent l'absence de résultats de sa politique menée depuis deux ans et demi.

"Il y a le sentiment que, parfois, on tarde à avoir des résultats dans beaucoup de domaines et en même temps on a en France une vitalité exceptionnelle", a-t-il dit.

RAISONS D'ESPÉRER

Au chapitre des raisons d'espérer, il a cité le prix Nobel de littérature de l'auteur français Patrick Modiano, le concours d'innovation supervisé par Anne Lauvergeon, l'inauguration de la Fondation Louis Vuitton dans le bois de Boulogne, la réouverture du musée Picasso et le projet d'installation d'un millier de "start-ups" à la Halle Freyssinet à Paris.

"Ça, ce sont les grands chantiers que l'on peut voir, qui sont livrés aux yeux du monde", a dit le président. "Un mandat présidentiel, c'est aussi un grand chantier qui n'est pas forcément visible pour les yeux du monde, pas forcément visible pour les yeux des Français, mais cette France anonyme qui tous les jours s'engage pour que la vie soit meilleure".

Lors d'un aparté avec les journalistes en fin de visite, le chef de l'Etat est revenu sur le drame de Sivens, où un jeune homme a trouvé la mort dans des circonstances à élucider.

"On est en France, dans un Etat de droit où on est apaisé, où tout le monde peut manifester. On peut même montrer ses seins au président de la République, cela ne pose pas de problème. C'est possible dès lors qu'on n'utilise pas la violence."

François Hollande s'est ensuite offert un bain de foule au coeur de Paris, prenant de court la sécurité présidentielle.

"Un cauchemar !", a commenté entre ses dents, à demi-amusé seulement, un conseiller élyséen.

Entré dans deux cafés, le chef de l'Etat s'est prêté au jeu des photographies au milieu de passants bienveillants.

Tandis qu'une grande partie de la classe politique a déjà la tête en 2017, date de la prochaine élection présidentielle, une journaliste lui a demandé : "Vous êtes en campagne, monsieur le président ?" "Je suis en visite", a répondu le chef de l'Etat.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • bordo le mardi 28 oct 2014 à 18:06

    Qu'il nous dise ou il se montre, on viendra l'accueillir avec les honneurs dus à son rang.

  • manx750 le mardi 28 oct 2014 à 17:47

    Scooter, toujours prêt !

  • manx750 le mardi 28 oct 2014 à 17:46

    S'offrir un bain de poules avec deux filles aux seins nus, on ne le changera décidement pas, notre génie de Hollandie socialiste, populaire et démocratique !