François Hollande en visite au Liban, en Egypte et en Jordanie

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FRANÇOIS HOLLANDE AU PROCHE-ORIENT
FRANÇOIS HOLLANDE AU PROCHE-ORIENT

PARIS (Reuters) - Guerre en Syrie, terrorisme, conflit israélo-palestinien et migrations seront au coeur des visites de François Hollande, de samedi à mardi, au Liban, en Egypte et en Jordanie.

La France est un acteur important dans ces crises, agissant directement avec l'opération militaire contre l'Etat islamique, ou aux côtés de ses partenaires européens et internationaux, notamment face à la crise migratoire.

Le chef de l'Etat exprimera son soutien à ces trois pays, qui connaissent en outre des problèmes politiques et sociaux, avec des gestes attendus pour les réfugiés et l'armée libanaise.

En Egypte, le conflit en Libye sera aussi une priorité, sur fond de négociation de nouveaux contrats militaires, en particulier un satellite, dont Paris ne pouvait assurer en fin de semaine qu'ils seraient bouclés pour la visite.

Le quotidien La Tribune a évoqué la commande par l'Egypte de quatre navires militaires à DCNS et de ce satellite à Airbus Group et Thales pour un total de plus d'un milliard d'euros.

La France souhaite l'affermissement du gouvernement libyen d'union nationale pour pouvoir l'aider, avec d'autres pays, à sécuriser le territoire, théâtre de combats depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, qui impliquent désormais aussi des membres de l'Etat islamique.

EFFORTS POUR LA PAIX ENTRE ISRAËL ET LA PALESTINE

Au Caire, où il sera présent de dimanche après-midi à mardi matin, François Hollande s'entretiendra avec le président Abdel Fattah al Sissi et d'autres hauts responsables et exposera le projet français de conférence sur la résolution du conflit israélo-palestinien, qui touche lui aussi directement l'Egypte.

"L'initiative de la France consiste à rassembler la communauté internationale autour de ce processus qui doit conduire a la paix", a-t-il dit vendredi après un entretien avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

"D'abord réunir tous les partenaires : le quartet mais aussi d'autres pays également conscients de la situation et qui veulent participer à son règlement. Nous ferons en sorte de reunir d'abord les ministres des Affaires étrangères de ces pays-là puis de voir comment nous pourrons travailler avec les parties prenantes", a-t-il ajouté.

Présent à l'entretien à l'Elysée, le Premier ministre, Manuel Valls, doit se rendre fin mai en Israël et dans les territoires palestiniens.

Le président français veut également faire progresser la difficile situation des droits de l'homme en Egypte et évoquera des cas spécifiques, précise-t-on à Paris, en soulignant que ces discussions se feront "sans publicité" pour plus d'efficacité.

Au Liban, où François Hollande se rendra samedi et dimanche, la crise des réfugiés, en particulier syriens, sera le sujet prioritaire. Le chef de l'Etat rencontrera des organisations internationales et des associations qui les aident, il visitera un camp et des familles qui doivent être accueillies en France.

Un soutien accru aux réfugiés et aux populations qui les accueillent est prévu dans les domaines de l'éducation et de la santé.

François Hollande rencontrera les hauts responsables politiques et religieux libanais et proposera l'aide de la France pour dénouer la crise institutionnelle, qui voit le pays privé de président depuis près de deux ans.

SOUTIEN A L'ARMÉE LIBANAISE

La présidence libanaise, qui revient à un chrétien maronite, est vacante depuis mai 2014, les forces politiques n'étant pas parvenues à se mettre d'accord au parlement.

Paris avance avec prudence pour éviter toute accusation d'ingérence. "Tout le monde voit les effets délétères de cette situation, les risques que ça comporte pour le Liban mais tout le monde voit bien aussi que les causes de ce blocage sont compliquées", explique-t-on.

La France veut également accroître son soutien à l'armée libanaise et discute avec l'Arabie saoudite sur l'armement qui peut lui être livré.

Pour protester contre l'attitude de Beyrouth dans l'affrontement géopolitique qui oppose le royaume wahhabite à l'Iran, soutien du Hezbollah, l'Arabie saoudite a décidé que les 3 milliards de dollars de matériels qu'elle devait financer pour le compte du Liban ne lui seraient pas livrés.

A Paris, on répète que le contrat n'est pas pour autant rompu, que l'Arabie saoudite devrait prendre livraison de ces matériels terrestres, maritimes et aériens, et on espère qu'une partie pourra aller au Liban.

François Hollande quittera Le Caire mardi pour Amman, où il sera reçu par le roi Abdallah II.

Il visitera la base aérienne française "projetée", de laquelle décollent les avions qui frappent l'Etat islamique.

François Hollande sera accompagné du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay et de chefs d'entreprise.

(Jean-Baptiste Vey, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • lemaitc le samedi 16 avr 2016 à 07:29

    On peut leur donner si ils veulent couler leur pays