Fin de la trêve à Gaza, incidents à Jérusalem

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FIN DE LA TRÊVE À GAZA, INCIDENTS À JÉRUSALEM
FIN DE LA TRÊVE À GAZA, INCIDENTS À JÉRUSALEM

par Nidal al-Mughrabi et Maayan Lubell

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - La trêve de sept heures décrétée par Israël à Gaza pour permettre aux Palestiniens de recevoir de l'aide humanitaire a pris fin lundi sans avoir été totalement respectée aux dires des deux camps tandis que Jérusalem était le théâtre de deux incidents liés par les autorités israéliennes aux événements à Gaza.

Les Palestiniens ont accusé Israël d'avoir bombardé un camp de réfugiés de la ville de Gaza, tuant une fillette de huit ans et blessant 29 personnes, après le début de la trêve, tandis qu'Israël affirmait que quatre roquettes au moins avaient été tirées sur son territoire à partir de Gaza.

Une porte-parole de l'armée israélienne a déclaré qu'il n'y avait pas eu de bombardements depuis 10h00 (07h00 GMT), début de la trêve de sept heures. Elle a précisé que sur les quatre roquettes palestiniennes tirées, deux avaient touché le territoire israélien sans faire de victimes ni de dégâts.

A Jérusalem, un Palestinien a tué un Israélien à l'aide d'un engin de chantier puis, quelques heures plus tard, un soldat a été blessé par balles par un assaillant qui a pris la fuite à moto. Les autorités israéliennes ont interprété ces deux incidents comme des attaques "terroristes" liées au conflit à Gaza.

La pause annoncée par Israël visait à faciliter l'acheminement d'une aide humanitaire à la population de Gaza et permettre à une partie des dizaines de milliers d'habitants chassés par quatre semaines de combats de rentrer chez eux.

Israël dit être en passe d'avoir réalisé l'objectif de son intervention terrestre, entamée le 17 juillet, une semaine après son offensive aérienne, à savoir la destruction des tunnels permettant une infiltration en Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a redit que l'armée israélienne continuerait à intervenir à Gaza après la destruction des tunnels.

"La campagne dans la bande de Gaza se poursuit", lit-on dans un communiqué des services du Premier ministre.

"Ce qui est sur le point de se terminer, c'est la gestion des tunnels par l'armée israélienne, mais l'opération ne prendra fin que lorsqu'une période de calme et de sécurité aura été rétablie pendant un temps suffisamment long pour les citoyens d'Israël", ajoute le communiqué.

DIAMÉTRALEMENT OPPOSÉES

Selon un photographe de Reuters qui se trouvait du côté israélien de la frontière, dans le secteur de Rafah, certaines des forces terrestres qui avaient été déployées dans le sud de la bande de Gaza sont rentrées en Israël.

L'opération "Bordure protectrice", déclenchée le 8 juillet, a fait plus de 1.800 morts (1.831) côté palestinien, en majorité des civils, et des centaines de milliers de déplacés, soit plus du quart de la population du territoire (1,8 million d'habitants), selon les services de santé de l'enclave.

Trois mille habitations ont été détruites ou endommagées.

Côté israélien, 64 militaires sont morts, auxquels s'ajoutent trois civils tués par des tirs de roquettes.

Au Caire, où des négociations se tiennent pour parvenir à une accalmie durable à Gaza, une première réunion formelle s'est tenue lundi avec les représentants du Hamas et du Djihad islamique. Les discussions ont porté sur les exigences posées dimanche par les groupes palestiniens. Outre l'assouplissement du blocus israélo-égyptien sur Gaza, ils réclament le départ des troupes israéliennes de la bande de Gaza, une aide à la reconstruction et la libération de prisonniers.

La médiation égyptienne, soutenue par les Etats-Unis, les Nations unies, le Qatar, la Turquie et l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, est compliquée par les positions diamétralement opposées d'Israël et du Hamas.

Israël, qui n'assiste pas aux discussions après avoir accusé le Hamas de ne pas avoir respecté de précédents cessez-le-feu, estime que la totalité des tunnels et des stocks de roquettes doivent être détruits à Gaza. Le Hamas refuse et demande un allégement du blocus israélo-égyptien.

Selon certains diplomates égyptiens, le gouvernement du président Abdel Fattah al Sissi pourrait consentir à un léger assouplissement des conditions de circulation à la frontière entre l'Egypte et Gaza sans pour autant aller jusqu'à accepter des relations commerciales normales.

L'Italie a annoncé son intention d'envoyer 30 tonnes d'aide pour Gaza dont des tentes, des générateurs de secours et des kits pour la purification de l'eau.

La presse britannique signale la mort d'un humanitaire britannique, tué dimanche lors d'une frappe aérienne à Rafah alors qu'il approvisionnait un hôpital. Le Foreign Office a dit enquêter sur cette information.

(Avec James Mackenzie à Rome; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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