Face à Kobané, la résistance civile des Kurdes contre l'EI... et la Turquie

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Un Kurde du PKK assiste aux funérailles d'un combattant des YPG (Unités de protection du peuple), tué par l'EI devant Kobané.
Un Kurde du PKK assiste aux funérailles d'un combattant des YPG (Unités de protection du peuple), tué par l'EI devant Kobané.

Comme chaque matin après dix heures, Nazir, 49 ans, une silhouette élancée et une moustache grisonnante, rassemble ses troupes. Vêtu de l'uniforme kaki des guérilleros du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), il porte fièrement à la poitrine un pin's à l'effigie d'Abdullah Öcalan, son "guide", le leader du mouvement kurde emprisonné en Turquie depuis 1999. Des dizaines d'activistes kurdes sortent de la mosquée du village de Masher où ils ont trouvé refuge pour la nuit. D'autres interrompent leur conversation au coin du feu allumé sur le terre-plein. Cent, deux cents personnes s'alignent, hommes et femmes de tous âges...

En silence, ils forment une longue chaîne humaine face à Kobané, devant la frontière turque, située à quelques centaines de mètres à peine. Puis, au garde-à-vous, ils entonnent des chants à la gloire de la guérilla kurde du PKK et de sa branche syrienne, les YPG (Unités de protection du peuple), qui lutte pied à pied contre l'EI depuis deux mois. Depuis un petit promontoire, retranchés dans leur fortin, des soldats turcs les observent sans broncher.

Ce cérémonial est devenu quotidien depuis deux mois dans le village de Masher, mais aussi dans le hameau voisin baptisé Musa Anter du nom d'un fameux intellectuel kurde assassiné par la Turquie en 1992. "Nous fermons symboliquement la frontière pour empêcher les terroristes de Daesh [l'acronyme arabe de l'État islamique, NDLR] de passer par nos villages", accuse...

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