Étiquetage nutritionnel : revers pour la grande distribution

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Un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) préconise l'utilisation d'un code couleur pour informer sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires. Ce système est loin de faire l'unanimité chez les enseignes de grande distribution.

Le nouvel étiquetage nutritionnel prévu dans le projet de loi de santé publique a beau être facultatif, il n'en finit plus de susciter des débats entre acteurs de la grande distribution, industriels, politiques et experts de la communauté scientifique. Le dernier épisode de cette bataille s'est joué lundi: c'est un revers pour les enseignes de grande distribution. Celles-ci prônaient une approche graphique de cet étiquetage en se fondant fondée sur la fréquence hebdomadaire conseillée de consommation des aliments. Or, selon un avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), rendu public ce lundi, le système des feux tricolores (quatre à cinq couleurs allant du jaune au rouge selon l'intérêt nutritionnel des produits analysés), serait le plus simple et le plus efficace.

«Ce système de code couleurs permet de se repérer rapidement sur la qualité nutritionnelle des produits de supermarchés, mais il offre aussi la possibilité de comparer des produits de marques différentes pour privilégier, par exemple, les marques de céréales les moins grasses et les moins sucrées ou les lasagnes bolognaises ou les pizzas qui ont le meilleur profil nutritionnel», souligne ainsi le professeur Didier Jourdan, président de la commission prévention du HCSP. Pour ces experts, le système des cinq couleurs - appelé «Système 5-C» - n'est certes pas parfait mais, placé sur la face avant de l'emballage, il permet d'attirer l'attention du consommateur et de classer facilement les produits selon leur qualité nutritionnelle. les clients peuvent par ailleurs interpréter plus rapidement les autres indications imposées par Bruxelles et souvent peu compréhensibles, car les données sont chiffrées et souvent écrites en petits caractères.

Le rouge jugé discriminant

Les distributeurs n'étaient pas favorables à ce système des feux tricolores, hérité de l'exemple anglo-saxon et qu'ils estiment discriminants pour certaines catégories de produits. Le rouge, peu attractif d'un point de vue marketing, suscitait ainsi le rejet des industriels et des distributeurs. Carrefour a donc engagé la réflexion autour de ce système d'information alternatif prévu par la ministre de la Santé Marisol Touraine dans son projet de loi de santé, mais dont les contours n'ont pas encore été défini.

Baptisé «Àquellefréquence», ce système d'information a ensuite été repris par l'ensemble des autres distributeurs après quelques modifications, notamment sur la fréquence conseillée de consommation. Ce système n'a trouvé que peu d'écho dans la communauté scientifique. «Il n'est pas question de dire qu'un aliment est bon ou mauvais, mais de donner un outil pour se repérer», insiste M. Jourdan au HCSP, qui concède que le violet pourrait remplacer le rouge, qui n'est pourtant pas perçu comme discriminant ou signalant un produit interdit. La couleur violette avait d'ailleurs été celle choisie par Carrefour et son comité d'experts pour désigner les produits présentant le moins d'intérêt nutritionnel. La bataille des experts n'est pas encore terminée…

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