Espagne: les étrangers se pressent de profiter de l'immobilier à petit prix

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Les prix se sont effondrés de 30% entre 2008 et 2013. Malgré un rebond récent, les appartements espagnols restent peu chers, en particulier dans certaines communes de la Costa Blanca.

L’immobilier espagnol relève la tête. Après six années de descente aux enfers, les ventes de logements, pratiquement l’arrêt depuis 2008 sont reparties à partir de 2014. «Entre fin 2013 et fin 2015, elles ont rebondi de 33%», souligne une étude du Crédit Foncier. Le stock de logements neufs qui reste excessivement élevé (536.000 biens à vendre en 2014), commence à fondre (-18% par rapport au pic de 2009 avec 650.000 logements à vendre). Du coup, les prix, qui s’étaient effondrés de 30% entre 2008 et 2013, ont eux aussi recommencé à progresser, gagnant 7% en deux ans. Sûrement conscients de pouvoir réaliser des affaires, les étrangers sont de plus en plus nombreux à investir sur leur lieu de vacances. «La part des transactions réalisées par des étrangers a été multipliée par 2,5 entre 2009 et 2015», souligne l’étude. Il est vrai, que le niveau de prix est attractif: dans la capitale catalane, Barcelone, ville la plus chère du pays, il faut compter 3.392 euros le m2 en moyenne (+ 6,4% entre 2014 et fin 2015). À Madrid, la capitale de l’Espagne, les logements sont vendus à 2.820 euros le m2 en moyenne (+4,7%) et à 2.759 à Bilbao (-2,7% entre 2014 et fin 2015). Le long de la côte méditerranéenne, sur la très touristique Costa Blanca, les prix sont encore plus attractifs. Les logements se vendent ainsi à 1.205 euros le m2 à Alicante (-3,3%). Et à 1.438 euros le m2 (+2%) un peu plus au nord à Valencia, la troisième ville du pays. À Séville, il faut compter 1.770 euros le m2 (-0,6%).

Pour autant, le secteur immobilier encore convalescent, est loin d’avoir retrouvé les chiffres d’avant crise. Entre 2 000 et 2007, l’Espagne a construit 700.000 habitations par an, soit autant que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne réunis! La spéculation immobilière allait bon train. L’éclatement de la bulle immobilière en 2008, a précipité le pays dans une crise très profonde, mettant un quart de la population active au chômage (avec un pic de 26,2% de chômeurs en 2012 passé à 22,5% en 2015). Le secteur immobilier, sur lequel reposait une grande partie de l’économie espagnole avant la crise, souffre toujours beaucoup. Entre 2008 et 2013, les constructions de logements ont été divisées par plus de 7 (264.000 constructions en 2008 et 34.000 en 2013), souligne le Crédit Foncier. Résultat, le secteur qui représentait 13,8% de l’emploi en Espagne en 2007, ne pesait plus que 6,3% en 2014!

Sous l’effet de la crise, le poids des dépenses de logement dans le revenu disponible des ménages espagnols a augmenté de 14% entre 2008 et 2013. «En 2014, ces dépenses représentaient 19,1% du revenu disponible des ménages contre 18,3% pour les ménages Français», note l’étude du Crédit Foncier.

Être propriétaire est synonyme de réussite sociale

Malgré les déboires du secteur, les Espagnols restent culturellement attachés à la pierre: même si leur nombre a diminué ces dernières années, 79 % d’entre eux (86% en 2005) sont propriétaires d’un logement, contre 70% des Européens. «Être propriétaire est synonyme de réussite sociale et de sécurité. L’accession à la propriété est ainsi une étape importante dans la vie d’un ménage», justifie le Crédit Foncier. Même la densité du pays est relativement faible (93 habitants au km2 contre 104 en France et 116 habitants au km2 en moyenne dans l’union européenne), les Espagnols vivent surtout dans les villes (74% contre 66% en France) et donc dans des appartements: 67% d’entre eux, contre 40 % en moyenne des Européens et seulement 31 % des Français.

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  • tttt9 il y a 8 mois

    Il faut acheter qd on reste longtemps au même endroit (mini 7/10 ans); sinon, il est préférable de louer.

  • tttt9 il y a 8 mois

    L'immobilier peut donc baisser.