Eric Woerth, un intrus au procès Bettencourt, plaide sa défense

le
2

BORDEAUX (Reuters) - L'ancien ministre UMP Eric Woerth est un "intrus" au procès des abus de faiblesse dont aurait été victime Liliane Bettencourt et sa présence sur le banc des prévenus à Bordeaux est le résultat d'un "fantasme judiciaire", a plaidé lundi sa défense.

Me Jean-Yves Le Borgne a tenté de démontrer que le renvoi devant le tribunal d'Eric Woerth, pour lequel le ministère public a requis la relaxe, ne reposait sur aucun fait matériel.

"Nous sommes dans l'histoire d'un fantasme judiciaire et il faut y mettre fin", a-t-il dit. "Je suis l'avocat de l'intrus dans cette affaire (...), la défense de l'accident judiciaire."

Pour lui, "il fallait peut-être que le dossier ressemblât à autre chose que ce qu'il était vraiment", soulignant que "le goût pour l'affaire d'Etat a ramené les noms d'Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy dans ce dossier".

L'ancien président, mis en examen après avoir été soupçonné d'avoir bénéficié des largesses de l'héritière de L'Oréal pour financer sa campagne présidentielle de 2007, dont Eric Woerth était le trésorier, a bénéficié d'un non-lieu.

"On ne peut pas parler d'un financement de parti politique, ça n'aurait pas de sens", a-t-il ajouté, évoquant des coïncidences de dates qui ont forgé la conviction des juges.

Eric Woerth est poursuivi dans cette affaire pour recel de sommes d'argent qu'il aurait touché de la main de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, lequel aurait obtenu cet argent liquide de la milliardaire alors en état de faiblesse, ce que les deux hommes ont toujours nié.

"RIEN À CACHER"

Claire Thibout, l'ex-comptable de la maison Bettencourt, a indiqué qu'elle avait préparé une enveloppe de 50.000 euros destinée à Patrice de Maistre qui avait un rendez-vous deux jours après, le 19 janvier 2007, avec Eric Woerth, alors trésorier de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy.

Les hommes s'étaient revus le 7 février suivant, deux jours après que 400.000 euros en liquide en provenance de comptes suisses de la milliardaire avaient été "livrés" au domicile de Liliane Bettencourt en présence de Patrice de Maistre.

"Les deux rendez-vous ont eu lieu dans des cafés, à 8h30, devant un petit café ! Si on veut remettre des espèces dont on ne connaît pas le montant, est-ce qu'on va dans un lieu public ? Non bien sûr", a ironisé l'avocat. "C'est parce qu'on n'a rien à cacher qu'on ne se dissimule pas."

Il a demandé "une relaxe pure et simple" qui sera "une manière de mettre fin à ce qui a été une curée médiatique".

Les plaidoiries de la défense doivent s'achever mercredi.

Dix prévenus comparaissent depuis plus de quatre semaines.

Des peines de prison ont été requises contre cinq d'entre eux, dont la peine maximale de 3 ans de prison et 375.000 euros d'amende pour le photographe François-Marie Banier, et 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis et 375.000 euros d'amende pour Patrice de Maistre et pour Martin d'Orgeval, le compagnon de François-Marie Banier.

(Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3121282 le lundi 23 fév 2015 à 15:11

    la boue ! il s'y est mis tout seul et sans aucun doute s'il n'avait bénéficié de "certaines amitiés" y serait encore ! alors assez de balivernes et cet esprit de clan (valable à gauche comme à droite) est nuisible au pays

  • RVM21 le lundi 23 fév 2015 à 14:33

    et dire que c'est en trainant dans la boue ce parlementaire de droite que les nuls de sott-cialos sont parvenus au pouvoir pour notre plus grand malheur !!!