Engagé "jusqu'au bout", Hollande défend bec et ongles son bilan

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FRANÇOIS HOLLANDE DÉFEND SON BILAN
FRANÇOIS HOLLANDE DÉFEND SON BILAN

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande a défendu jeudi son bilan avec vigueur, jugeant la situation économique de la France meilleure qu'au début de son quinquennat jalonné de crises, et annoncé qu'il déciderait à la fin de l'année s'il se représente.

Sur France 2, où il a été interrogé par des journalistes et des Français, le chef de l'Etat le plus impopulaire de la Ve République a assuré qu'il agirait "jusqu'au bout".

"Oui, ça va mieux : il y a plus de croissance, moins de déficit, moins d'impôts, plus de compétitivité, plus de marges pour les entreprises, plus de pouvoir d'achat pour les salariés", a-t-il déclaré d'emblée.

"Voilà ce que j'ai fait depuis quatre ans et voilà pourquoi je vais poursuivre jusqu'au bout", a-t-il ajouté en évoquant notamment la réforme du Code du travail, objet de contestation depuis des semaines.

Près de deux heures plus tard, le président a annoncé qu'il déciderait "à la fin de l'année" s'il brigue un second mandat, avec l'espoir d'avoir d'ici là des résultats sur l'emploi.

"Il se trouve qu'un quinquennat, c'est cinq ans et que j'ai engagé une politique qui produit des résultats et en produira encore davantage. Mais c'est vrai que je demanderai à être jugé sur la question du chômage", a-t-il dit.

"DES ÉPREUVES TERRIBLES"

Multipliant les clins d'oeil à l'électorat de gauche - "je ne vais pas stimuler quand même les embauches en CDD", a-t-il répondu à une chef d'entreprise qui critiquait la surtaxation des contrats courts -, il a souligné que son "fil conducteur" depuis quatre ans n'avait pas varié : "Moderniser le pays tout en protégeant son modèle social".

"J'ai affronté durant ce quinquennat des épreuves terribles", a-t-il dit en évoquant les risques d'éclatement de la zone euro, les interventions militaires et le terrorisme.

"Je réformerai tous les jours de mon mandat, je le ferai jusqu'au dernier jour de mon mandat."

Du minimum vieillesse à la prime d'activité en passant par le plan de formation de 500.000 chômeurs, François Hollande a défendu son action pour le pouvoir d'achat et la relance.

Le Pacte de responsabilité, qui comprend des baisses de charges, "ce n'est pas une aide aux patrons, c'est une aide aux salariés, une aide à l'embauche", a-t-il martelé.

Au terme de quatre mois chaotiques, François Hollande a dit assumer la proposition d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution au nom de l'unité nationale.

Au lendemain des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts, "j'ai ressenti le besoin d'une mesure symbolique", a-t-il expliqué. "On sentait bien qu'à ce moment-là le pays pouvait éclater".

Face à un électeur du Front national, le président socialiste a réaffirmé la fermeté du gouvernement en matière d'immigration.

"Seuls les demandeurs d'asile ont le droit de recevoir des aides", a-t-il rappelé, évoquant aussi les actions pour faire baisser le nombre de migrants massés dans la région de Calais dans l'espoir de passer en Grande-Bretagne.

LE FN, "UN REMÈDE PIRE QUE LE MAL"

Aux électeurs tentés par le parti de Marine Le Pen, il a mis en garde contre "un médecin qui peut tuer le malade", un "remède pire que le mal".

Interrogé sur les ambitions de son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui vient de lancer son mouvement, François Hollande a invoqué la nécessaire "loyauté".

"Il a été mon conseiller. Il doit être dans l'équipe, sous mon autorité", a-t-il dit. "Ce n'est pas simplement une question hiérarchie - il sait ce qu'il me doit - c'est une question de loyauté personnelle et politique".

Aux critiques sur son attitude, parfois jugée indifférente, François Hollande a expliqué qu'il était touché mais ne devait pas donner l'impression de douter.

"Etre président c'est vivre, tout le temps, avec la tragédie", a-t-il dit, citant les attentats de 2015, mais aussi les trois jeunes soldats tués la semaine dernière au Mali.

"Je ne suis pas indifférent et si parfois il y a des critiques qui me blessent, ça peut arriver, j'ai le devoir de ne pas le montrer pour que les Français n'aient pas de doute sur le cap, même si j'entends tout ce qui se dit."

(Edité par Yves Clarisse)

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