En Turquie, la détresse de la génération Gezi

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Un groupe de jeunes réunis dans un café d'Istanbul apprend à la télévision qu'une tentative de coup d'État vient d'ébranler la Turquie (photo d'illustration).   
Un groupe de jeunes réunis dans un café d'Istanbul apprend à la télévision qu'une tentative de coup d'État vient d'ébranler la Turquie (photo d'illustration).   

C'est un véritable havre de paix en plein état d'urgence. Dans ce café bobo situé dans les hauteurs d'Ankara, de nombreux jeunes se sont réunis en cette fin d'après-midi pour profiter du coucher du soleil. Les sourires tranchent avec la grave crise politique que traverse le pays. Près d'une semaine après le coup d'État avorté d'une partie de l'armée turque, qui a fait 265 morts, le gouvernement a lancé de vastes purges au sein de l'armée et de la fonction publique : au moins 10 000 personnes ont été arrêtées, 55 000 limogées. Et, pour la première fois depuis seize ans, le président Recep Tayyip Erdogan a instauré pour trois mois l'état d'urgence, qui permet notamment de restreindre les libertés de manifester ou de circuler.

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Réfugiés en terrasse sur des chaises multicolores, un groupe d'amis plaisantent autour d'une bière et de pop-corn salés. « Au moins, l'état d'urgence ne peut pas nuire à la beauté de ces nuages rosés », ricane Pelin, étudiante en graphisme de 32 ans. Son sourire forcé, que cache une imposante chevelure ébène, trahit pourtant un profond malaise. « Ne vous fiez pas à mon visage. Je suis profondément déprimée », avoue-t-elle volontiers en allumant nerveusement une fine cigarette.

Il y a une semaine, la belle...

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