En lutte contre Airbnb, Paris pousse à la dénonciation

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UN SITE POUR RECENSER LES LOCATIONS AIRBNB DÉCLARÉES
UN SITE POUR RECENSER LES LOCATIONS AIRBNB DÉCLARÉES

PARIS (Reuters) - La ville de Paris, qui s'emploie à encadrer les locations touristiques via Airbnb, a lancé mardi un site internet recensant les logements déclarés dans les règles en espérant ainsi inciter les résidents à signaler les contrevenants.

La capitale française suit l'exemple de Berlin, qui est entrée en guerre contre la plate-forme en durcissant les conditions de location et en ouvrant sur internet un portail permettant aux habitants de signaler anonymement des appartements jugés "suspects".

Sur le site opendata.paris.fr, les propriétaires parisiens peuvent s'inscrire au registre des autorisations de changement d'usage pour les meublés. Au total, 107 enregistrements étaient indiqués à la mi-journée, dont 23 dans le IVe arrondissement, très prisé des touristes et particulièrement surveillé par les inspecteurs de la mairie.

Une carte localise par un point rouge les appartements en règle.

"D'une certaine manière, cela peut exercer une pression, notamment via le syndic, où les voisins vont demander des comptes en demandant pourquoi cette personne qui n'a pas procédé à l'opération de mise en conformité continue à louer son logement", a expliqué sur Europe 1 Mathias Vicherat, directeur de cabinet à la mairie de Paris.

"On souhaite que cela provoque un espèce de choc de conscience de civisme, et que les gens se mettent en règle d'eux-mêmes, sans attendre d'être éventuellement signalé par un de leurs voisins", a-t-il ajouté.

Actuellement, la loi Alur sur l’immobilier prévoit qu’un particulier souhaitant louer sa résidence principale ne peut pas la proposer plus de quatre mois par an, sous peine d'une amende de 25.000 euros.

Le projet de loi sur l'économie numérique prévoit en outre d'imposer aux particuliers l'obtention d'une autorisation de louer auprès des mairies. Tout fraudeur s'exposerait à une amende de 100.000 euros.

Il imposerait également aux sites de location saisonnière de bloquer les particuliers qui loueraient leur logement plus de cent vingt jours par an sans avoir demandé une autorisation.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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