En France, "on a choisi de diaboliser le foulard islamique"

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Des femmes portant le voile intégral dans une rue du centre de Marseille (illustration).
Des femmes portant le voile intégral dans une rue du centre de Marseille (illustration).

Le sociologue et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (Ehess), Farad Khosrokhavar, affirme qu'il existe plusieurs façons de porter le foulard islamique en France. À l'opposé de Nadia Hamour, déléguée nationale à l'intégration chez Les Républicains, l'auteur de Radicalisation

, publié par la Maison des Sciences de l'Homme, souligne les effets contre-productifs de l'interdiction du port de tous signes religieux à l'école. Entretien.

Le Point : Combien de femmes portent le voile intégral aujourd'hui en France ?

Farhad Khosrokhavar : On ne le sait pas puisque ces enquêtes statistiques sont interdites. Nous savons en revanche que le port du voile intégral s'étend dans toute l'Europe, pas seulement en France. Il n'est donc pas uniquement une réaction à la crispation autour de la laïcité.

Que voulez-vous dire ?

Les lois interdisant tout port de signe religieux à l'école et dans les services publics ont vingt ans. Or je crains qu'elles n'aient pas eu que de bons côtés. En voulant déceler dans chaque foulard un signe de fondamentalisme, les autorités ont rigidifié le débat. Il est devenu impossible pour des femmes de confession musulmane de porter un foulard modéré, un foulard qui signifie pour elles quelque chose dans leur...

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