Emmanuel Macron relance le débat sur l'assurance chômage

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EMMANUEL MACRON RELANCE LE DÉBAT SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE
EMMANUEL MACRON RELANCE LE DÉBAT SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Economie juge nécessaire une réforme de l'assurance chômage et estime que l'Etat pourrait "reprendre la main" si les blocages "sont trop lourds", au risque de relancer un débat hautement sensible en France.

Après avoir déclenché un tollé en prônant une réforme des règles d'indemnisation des chômeurs, le Premier ministre, Manuel Valls, s'est efforcé mercredi de ramener le calme dans les esprits en renvoyant la question à des négociations entre les partenaires sociaux en 2016.

Le président François Hollande a paru prendre ses distances avec ce débat en estimant à Milan, en marge du sommet européen sur l'emploi, qu'il y avait déjà assez de sujets de réforme sur la table pour occuper le gouvernement.

Son ancien conseiller économique, aujourd'hui ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, revient cependant sur le sujet dans une interview au Journal du dimanche.

"Il ne doit pas y avoir de tabou, ni de posture. L'assurance chômage est en déficit de quatre milliards d'euros", déclare-t-il. "Quel responsable politique peut s'en satisfaire ?"

"Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là", ajoute-t-il.

Entre-temps, selon des sources européennes, Bruxelles a fait savoir à Paris qu'une des conditions pour que la France obtienne un nouveau délai pour ramener son déficit public à 3% du PIB est de s'engager sur une réforme de son marché du travail.

Une correction du projet de budget 2015 jugé par la Commission européenne trop éloigné de la cible et la promesse de réformes structurelles permettraient de "démarrer la discussion sur de meilleures bases", fait valoir une de ces sources.

Or, la gestion de l'assurance chômage relève en France des organisations patronales et syndicales représentatives, qui ont conclu en mars dernier une convention fixant les modalités d'indemnisation des chômeurs jusqu'en 2016.

Cette convention introduit notamment des "droits rechargeables", la possibilité pour des demandeurs d'emplois enchaînant contrats de travail courts et périodes de chômage de conserver leurs droits à indemnisation non consommés.

LE CONTRÔLE DES CHÔMEURS

"C'est aux partenaires sociaux qu'il appartient de faire avancer les choses", admet le ministre de l'Economie dans le JDD. "Mais comme l'Etat garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds. Le sujet reviendra en temps voulu."

Etat et partenaires sociaux auront vite l'occasion d'échanger sur le sujet : les négociations tripartites sur une nouvelle convention définissant les objectifs de Pôle emploi doivent commencer fin octobre-début novembre.

Une autre question, évoquée en septembre par le ministre du Travail, François Rebsamen, mais rapidement mise en sourdine, pourrait ressurgir à ce moment-là, celle d'un renforcement du contrôle des demandeurs d'emploi.

Ce débat sera alimenté par la publication mercredi d'une étude réalisée par Pôle emploi dans quatre régions sur ce sujet tout aussi sensible que les modalités d'indemnisation.

Interrogé vendredi dans le cadre du Talk Orange-Le Figaro, François Rebsamen n'a pas hésité à parler de "constat d'échec".

Les demandeurs d'emploi ont l'obligation de chercher du travail, a-t-il expliqué. "Or il apparaît qu'il y en a un certain nombre qui ne le font pas. Il y a sûrement des tas de raisons et cette expérimentation doit le montrer."

"D'abord il faut analyser pourquoi ils ne recherchent pas d'emploi (...) Je pense qu'on va en tirer comme conclusion que Pôle emploi doit faire mieux pour accompagner (les demandeurs)", a ajouté le ministre.

(Emmanuel Jarry, édité par Henri-Pierre André)

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  • mlaure13 le dimanche 12 oct 2014 à 16:36

    pas facile de faire bouger le caviar rouge...Pire que la droite !!!...:')))

  • a.guer le dimanche 12 oct 2014 à 12:50

    heureusement qu'il y a des ministres qui voient plus clair et plus loin que le Président !

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