Emmanuel Macron lance sa "Grande Marche" vers un "plan d'action"

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LE MOUVEMENT D'EMMANUEL MACRON ENTAME SA MARCHE
LE MOUVEMENT D'EMMANUEL MACRON ENTAME SA MARCHE

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a lancé samedi sa "Grande Marche", une vaste opération de recueil des doléances des Français dont il veut faire le socle d'un "plan d'action" pour "changer en profondeur" la France.

Ce chouchou des sondages, qui irrite ses collègues du gouvernement par ses déclarations en décalage avec la ligne officielle, a franchi un pas de plus en constituant début avril un mouvement politique baptisé "En Marche", qui revendique aujourd'hui quelque 50.000 adhérents.

L'ex-banquier de 38 ans, qui n'a jamais été élu, laisse planer le doute sur ses intentions en refusant de dire s'il sera ou non candidat à l'élection présidentielle du printemps 2017.

Chemise blanche et col ouvert, entouré de quelques partisans, il s'est adressé, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de son mouvement aux 14.000 adhérents volontaires pour faire du porte-à-porte dans toute la France pendant deux mois.

"Aujourd'hui sur le terrain, vous serez d'ores et déjà 2.000 à vous déployer", a-t-il précisé. "Cette mobilisation, c'est le premier temps essentiel de la construction de notre mouvement."

L'objet de cette "Grande Marche" est "d'aller à la rencontre des Français" et de "redonner une voix à ceux qui n'en n'ont pas" pour dresser un diagnostic du pays, a expliqué le ministre.

"On ne peut pas construire un projet sans comprendre où en est le pays et on ne peut pas comprendre où en est le pays à quelques-uns dans un bureau ou quelques-uns qui se ressemblent", a-t-il dit. "Allez vers celles et ceux qui ne vous ressemblent pas, vers celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec vous."

Il a fixé à ses troupes un objectif: ramener 100.000 témoignages de Françaises et de Français d'ici fin juillet, auxquels s'ajouteront les contributions des 50.000 membres d'"En Marche", d'intellectuels et d'experts, d'artistes.

"A la fin de l'été, je ferai la synthèse", a poursuivi Emmanuel Macron. Cet "audit" sera "le socle sur lequel nous allons construire notre action (...) Ensuite, à partir du mois de septembre, nous construirons un plan d'action pour transformer le pays, pour le changer en profondeur."

"RECONSTITUER L'INTÉRÊT GÉNÉRAL"

Il a au passage brocardé les "partis classiques", incapables selon lui de relever les défis du moment et dont il entend se démarquer avec son mouvement, dont les adhérents, a-t-il insisté, viennent de gauche, de droite, du centre ou n'ont jamais eu d'engagement politique.

"Je pense qu'autour d'un projet (...) pour le pays, on peut se regrouper et on peut construire, en quelque sorte, le camp du progrès", a expliqué le ministre de l'Economie.

Il a énuméré quatre grands défis à relever: celui du travail, avec les problèmes de formation, de rémunération et de régulation; les inégalités qu'il faut corriger "sans empêcher certains de réussir" tout en traquant "les rentes là où elles créent des injustices profondes"; le "rapport à l'ordre" et à l'"identité"; et "retrouver le rêve européen".

"On ne construira pas un plan d'action sur le clientélisme, sur le fait de vouloir satisfaire untel ou untel", a-t-il promis. "On doit essayer de reconstituer l'intérêt général."

Emmanuel Macron a déclaré récemment aux Echos que 2.000 donateurs avaient déjà versé des contributions financières (limitées à 7.500 euros par la loi) à "En Marche".

Dans un mail du 18 mai dont Reuters a eu copie, Emmanuel Macron explique qu'"En Marche" n'ayant à ce jour aucun élu dans ces rangs n'a droit à aucune subvention publique, mais que le mouvement a néanmoins opté pour l'adhésion gratuite.

"Il ne faut cependant pas être naïf: changer la politique pour transformer notre société nécessite d'être organisé. Et cela coûte de l’argent", ajoute-t-il dans cet appel aux dons.

La préparation de la "Grande Marche" et l'amélioration des outils numériques du mouvement a déjà coûté près de 400.000 euros, précise-t-il.

Dans une interview publiée samedi par Le Parisien, le Premier ministre, Manuel Valls, déclare à propos de la démarche de son ministre de l'Economie: "C'est bien de faire du porte-à-porte (...) mais dans les heures où on n'est pas ministre."

Le chef du gouvernement, qui dit pour sa part "inciter" François Hollande à briguer un nouveau mandat, reconnaît du talent à Emmanuel Macron et le juge loyal au chef de l'Etat mais l'incite à se concentrer sur ses fonctions gouvernementales.

(Emmanuel Jarry, avec Michel Rose)

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  • phili646 il y a 6 mois

    Macron est un asteroide dans la galaxie politique, on peut lui prédire le destin d'une étoile filante !!!!

  • jmlhomme il y a 6 mois

    Il serait bon qu'il prenne conscience que faire des dépenses esr facile..... en gagner est plus compliqué. Demander des dons, Créer des fondations ou des partis politiques ( statut ideal car jamais d'impot......) est déjà un atout qu'aucun entrepreneur n'a....