Emmanuel Macron esquisse les contours de sa VIe République

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EMMANUEL MACRON PROPOSE UNE RÉFORME INSTITUTIONNELLE
EMMANUEL MACRON PROPOSE UNE RÉFORME INSTITUTIONNELLE

STRASBOURG (Reuters) - Emmanuel Macron a proposé mardi d'ambitieuses réformes institutionnelles pour réconcilier les Français avec la politique, sans dire mais en laissant fortement penser qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 2017.

L'ancien ministre de l'Economie, qui a repris sa liberté fin août en quittant le gouvernement, a dénoncé une "démocratie confisquée" par une classe politique de professionnels inamovibles souvent issus de la fonction publique ou des professions libérales qui ne représente plus les Français.

"Nos concitoyens adorent la politique. Et conchient leurs responsables politiques. On est un des pays les plus politiques au monde. Mais on est face à ce paradoxe", a-t-il dit à des journalistes avant le meeting qu'il devait tenir dans la soirée à Strasbourg.

"Nous avons un défi de représentativité qui est au cœur du système électoral français", a-t-il précisé devant un millier de membres et de sympathisants de son mouvement "En marche !", qui ambitionne de réunir des citoyens de gauche et de droite autour d'un même diagnostic d'une société française dont les rouages sont bloqués.

"Quand la politique n'est plus une mission mais devient une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagés mais peuvent devenir des intéressés", a-t-il affirmé.

L'énarque-philosophe de 38 ans a convenu être lui-même "l'archétype de ce système politique", mais a rappelé qu'il avait renoncé à son emploi de haut fonctionnaire - pour travailler dans la banque – puis à son poste de ministre pour défendre ses idées.

Il veut permettre à des candidats de la société civile d'accéder, par des formations, à la représentation nationale et au contraire proposer aux élus en fonction des voies de reconversion.

Pour "ouvrir le système", Emmanuel Macron juge nécessaire d'introduire plus de proportionnelle dans la représentation parlementaire, au "risque" assumé de faire entrer plus de représentants du Front national à l'Assemblée nationale.

"Il faut aller vers ce risque parce qu'il est démocratique", a affirmé le social-libéral en fustigeant l'échec des tentatives de confinement de l'extrême droite.

"Avons-nous répondu au problème ? Non, nous avons bandé nos yeux, nous avons considéré qu'il valait mieux casser le thermomètre plutôt que de répondre aux causes profondes", a-t-il dit.

CONVICTION ET PÉDAGOGIE

Il faut aussi selon lui que l'écologie, les centristes et la gauche radicale soient mieux représentés, permettant "des coalitions de conviction plutôt que des coalitions d'appareils".

Emmanuel Macron propose encore la création, à côté du Parlement, d'une "commission des citoyens", dont les membres seraient choisis au hasard et devant laquelle le président de la République devrait rendre des comptes chaque année.

Insistant sur la nécessité d'annoncer à l'avance et d'expliquer aux Français les réformes à mener, il a estimé que la loi travail, dont il a été l'inspirateur, avait suscité un fort mécontentement social faute de cet effort de pédagogie.

Le discours de celui que les sondages placent en tête des candidats de gauche pour l'élection présidentielle, était précédé par deux heures de restitution du porte-à-porte mené pendant trois mois par les militants d'"En marche !" auprès des Français.

Ce premier exercice mené par les militants, sur un modèle qui n'est pas sans rappeler celui de la "démocratie participative" de Ségolène Royal, lors de l'élection présidentielle de 2007, venait illustrer le diagnostic d'une "société bloquée" et les attentes de la "France qui subit".

A l'issue d'une heure de discours prononcé au milieu de l'assistance, dans un dispositif à 360°, Emmanuel Macron n'a pas annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, mais son envolée finale ne laissait guère de doute.

"Nous sommes tous ce soir celles et ceux qui avons décidé que notre destin, il était dans nos mains, que nous pouvions proposer au pays autre chose, pas une alternance stérile mais de nouvelles pratiques, de nouveaux objectifs. Rien ne pourra nous arrêter. Alors en marche !", a-t-il conclu.

(Gilbert Reilhac et Michel Rose, édité par Yves Clarisse et Julie Carriat)

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  • bordo il y a 4 mois

    La commission de citoyens c'est de la poésie.

  • charleco il y a 4 mois

    Le problème n'est pas dans les institutions, mais dans l'usage que les hommes en font (à leur profit).