Économisez l'énergie en recyclant votre eau de vaisselle

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Une technologie française peut permettre de diviser par deux le coût de l’eau chaude en récupérant la chaleur des eaux usées. Prévu pour les grandes copropriétés neuves, le système pourrait être adapté à des ensembles plus petits et à l’ancien.

Et si les eaux usées représentaient un vaste gisement inexploité? Alain Mouré, spécialiste du traitement de l’eau depuis de nombreuses années en est persuadé. C’est pourquoi il a mis au point une technologie permettant de récupérer et valoriser la chaleur issue des eaux usées «grises». Il s’agit de celles qui proviennent des cuisines et des salles de bain (mais pas des toilettes) et selon le centre d’information sur l’eau, une famille de 4 personnes en utiliserait pas moins de 280 litres par jour (dont 160 litres pour le bain et la douche, 50 pour le linge et 40 pour la vaisselle). Or, elles s’écoulent à une température moyenne comprise entre 28 et 32°C.

D’où l’idée de récupérer cette chaleur afin de préchauffer l’eau propre qui est diffusée dans l’immeuble. C’est l’objet de la société Biofluides Environnement, créée en 2006 et qui compte à ce jour 60 installations de ce type (incluant les commandes en cours). Actuellement, le système qui mêle une cuve de récupération de la chaleur et une pompe à chaleur eau/eau n’est installé que dans des copropriétés importantes et neuves (disposant de deux circuits d’eau) mais les choses pourraient changer.

L’installation ne dégage pas la moindre odeur

«Pour l’instant, notre système n’est intéressant qu’à partir de 50 ou 60 logements mais nous travaillons sur un modèle compact visant les copropriétés de 10 à 30 logements», explique Alain Mouré. Par ailleurs, une adaptation est également prévue pour installer cet équipement dans des résidences anciennes ne disposant que d’un réseau unique pour les eaux usées.

À Paris, une résidence étudiante de 140 chambres située dans le 13e arrondissement utilise depuis peu cette technologie. Implantée au sous-sol, l’installation ne dégage pas la moindre odeur. Les eaux usées ne font que traverser lentement la cuve de récupération de chaleur avant d’être évacuées, évidemment sans contact avec l’eau froide. Sur la pompe à chaleur, un boîtier relié à Internet envoie en permanence des données sur les températures, les pannes éventuelles et sur les économies d’énergies réalisées. Côté entretien, le système se nettoie tout seul comme une machine à laver, une fois par jour. Il faut simplement prévoir une inspection mensuelle de la chaufferie et une visite annuelle d’un frigoriste.

Des toilettes 100% autonomes en eau

«Dans cette résidence, notre système couplé au gaz de ville permet de faire passer le coût du mètre cube d’eau chauffée de 9,5 euros à 4 euros», souligne Alain Mouré. Reste que pour décrocher ce résultat, il faut actuellement débourser de 65.000 à 200.000 euros pour se doter de cette technologie signée Biofluides même si l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) subventionne généreusement (de 20 à 30%) les installations. Et il faudra aussi compter une surconsommation d’eau (de l’ordre de 5%) pour nettoyer le système.

Au final, l’entreprise annonce actuellement un retour sur investissement de l’ordre de 10 ans et vise la tranche de 5 à 7 ans pour séduire un plus large public. La petite société de 14 personnes installée à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne) ne manque de projets dans ce sens. Elle s’intéresse déjà à la climatisation puisqu’elle rejette de l’eau très froide après en avoir extrait la chaleur et promet pour bientôt un recyclage novateur pour l’eau des toilettes.

À la sortie de son installation actuelle, elle envisage de greffer un module de retraitement des eaux grises (désinfection, détartrage) qu’elle colorerait ensuite (pour éviter les problèmes en cas de branchement pirate) avant de les réinjecter dans le réseau pour alimenter les chasses d’eau. Ce nouveau système permettrait de ne plus consommer d’eau pour les toilettes autre que celle déjà rejetée par la cuisine et la salle de bain. «Pour 100 logements, 9000 euros sont dépensés par an rien que pour l’eau des toilettes», rappelle Alain Mouré.

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  • heimdal il y a 11 mois

    Moins tu consommés d'eau plus tu la paies cher au m3.Les taxes ne sont pas proportionnelles donc pourquoi s'embêter à recycler .