Echec des négociations à Air France avec les pilotes

le , mis à jour à 21:14
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ECHEC À AIR FRANCE DES NÉGOCIATIONS AVEC LES PILOTES
ECHEC À AIR FRANCE DES NÉGOCIATIONS AVEC LES PILOTES

PARIS (Reuters) - Air France a annoncé mercredi soir l'échec des négociations avec les syndicats de pilotes sur son plan "Perform 2020" qui vise à améliorer sa compétitivité face à la concurrence à la fois des compagnies à bas coûts et du Golfe.

La compagnie française, filiale du groupe Air France-KLM , négociait notamment avec les pilotes, en particulier avec le puissant syndicat SNPL, une augmentation de leurs heures de vol sans hausse de salaire.

Air France a annoncé le 4 septembre aux représentants du personnel qu'elle risquait de devoir réduire de 10% son réseau long-courrier d'ici 2017, entraînant des suppressions de postes, dont des licenciements secs, si elle ne parvenait pas à un accord avec les navigants d'ici la fin du mois sur ce plan.

Le conseil d'administration d’Air France-KLM prévu jeudi, ainsi que celui d'Air France, vendredi, pourraient ainsi en toute logique décider de mettre en oeuvre ce "plan B" de réduction des capacités de la compagnie.

"Air France regrette l'échec des négociations autour de Perform 2020 avec les syndicats représentatifs de ses pilotes", souligne la direction de la compagnie dans un communiqué.

"Les nombreuses heures de discussion et de négociation, suivies de près par le président-directeur général d'Air France, n'ont pas pu aboutir, dans des délais raisonnables, à un accord permettant d’assurer la croissance et la compétitivité de la Compagnie", ajoute-t-elle.

La direction estime que les navigants (pilotes, hôtesses et stewards) travaillent en moyenne 15% à 20% de moins à salaire équivalent que ceux de KLM, Lufthansa, British Airways et Iberia (ces deux dernières compagnies appartenant au groupe IAG).

Actuellement, seulement la moitié des lignes long-courrier d'Air France sont rentables, un taux que la compagnie voudrait porter à terme à 80%.

Un terrain d'entente a en revanche été trouvé cet été avec les pilotes de la compagnie néerlandaise KLM, qui ont accepté de travailler plus longtemps et de voir leur départ à la retraite repoussé de deux ans.

Des responsables syndicaux d'Air France avaient estimé début septembre que le retrait d'une dizaine d'avions de la flotte long-courrier entraînerait au moins 4.000 suppressions de postes au sein de la compagnie.

La CGT, FO et l'Unsa ont appelé le personnel au sol d'Air France à une grève le 5 octobre, jour de réunion d'un comité central d'entreprise, pour protester contre ces suppressions de postes potentielles.

La capitalisation boursière d'Air France-KLM a diminué de près de 22% depuis le début de l'année. Elle représente aujourd'hui 1,9 milliard d'euros contre 17,7 milliards pour Ryanair, le champion européen du "low cost".

(Jean-Michel Bélot, édité par Wilfrid Exbrayat)

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