Du Pérou à la France, Perús réinvente les baskets solidaires

le
0

VIDÉO - La jeune marque adapte les motifs traditionnels incas aux standards européens de la mode avec ses sneakers 100% faites à la main. Et soutient financièrement l'éducation des jeunes Péruviens.

Et si vous achetiez des baskets péruviennes? Pas besoin de se déplacer jusqu'en Amérique du sud pour cela, trois jeunes entrepreneurs ont eu l'idée d'amener le Pérou en France. Armand, Henri et Nicolas ont eu cette idée lors d'un voyage dans le pays l'été dernier. De passage dans la ville de Cusco, les trois amis repèrent aux pieds des habitants des chaussures à motifs traditionnels, inspirés de l'art inca. C'est le coup de cœur et le début de l'aventure Perús (prononcer «pérouz»).

De retour dans l'Hexagone, les trois étudiants en école de commerce décident d'adapter le concept aux standards européens de la mode, de mêler les motifs incas avec les «sneakers» urbaines. Ils déposent les statuts de leur entreprise, peaufinent leur modèle économique et prennent contact avec des artisans locaux pour garantir des baskets 100% faites à la main. Ils font la connaissance d'Alexandra, qui gère un atelier de confection de chaussures à Cusco et est prête à prendre en charge la production des baskets Perús. Pour tester l'engouement du public, les trois acolytes décident de lancer une campagne de financement participatif sur le site Ulule. Ils tablent sur l'équivalent de 200 préventes, ils en réalisent près de 2000. «Ça nous a permis de tester le marché et de créer une communauté autour du projet, explique Armand. Mais aussi de faire le tri entre nos différents modèles, très nombreux, pour savoir ceux que nos futurs clients préféreraient.»

Du côté du Pérou, les artisans de l'atelier d'Alexandra s'activent pour que les premières paires puissent être envoyées dès le mois d'avril aux contributeurs. Et pour satisfaire la demande, quatre salariés ont déjà été recrutés. «Après l'effervescence de la campagne de financement participatif, les ventes démarrent doucement sur le site web, précise Nicolas. Il faut que la production puisse suivre. À terme, elle pourra atteindre les 2000 paires par mois.» Les fondateurs se relayent d'ailleurs au Pérou pour entretenir des liens privilégiés avec les équipes sur place.

Ils en profitent aussi pour passer voir l'école de San Jeronimo, subventionnée par l'association Los Chicos de Cusco («les enfants de Cusco», en français, NDLR). «Notre modèle économique est aussi social, on veut promouvoir l'économie circulaire qui permet le développement d'une communauté à long terme», indique Nicolas. Pour chaque paire de baskets Perús achetée, un euro est reversé à l'association. «L'école accueillait seulement quatre élèves lorsqu'elle a été ouverte. Aujourd'hui, il y a plus de 90 enfants qui s'y rendent», raconte Armand. Les fonds supplémentaires permettront de financer un collège mais aussi des formations professionnelles pour les adolescents.

Pour l'instant commercialisées uniquement par Internet, les baskets Perús pourraient être disponibles dès l'année prochaine auprès de certains distributeurs. Avant cela, Armand, Henri et Nicolas essaieront de convaincre de «petites boutiques branchées» de la capitale. Mais pas question de renier leur engagement pour les affaires: «la portée sociale du projet attire des clients qui se montrent en retour très exigeants et attendent de nous une grande transparence, explique Nicolas. Nous ne voulons pas les décevoir».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant