Dictature argentine : trois anciens cadres de Ford inculpés pour complicité

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Un travailleur arrêté durant une manifestation contre la dictature en Argentine, le 30 mars 1982.
Un travailleur arrêté durant une manifestation contre la dictature en Argentine, le 30 mars 1982.

24 mars 1976. L'Argentine vit le sixième coup d'État de son histoire. En quelques heures, les militaires argentins prennent le pouvoir et donnent naissance à la pire dictature qu'ait connue le pays (1976-1983). Au même moment, à quelques kilomètres au nord de la capitale, Pedro Troiani, responsable syndical, pointe à l'usine Ford, comme chaque jour depuis 13 ans. Moins d'une heure plus tard, sous la houlette du lieutenant-colonel Molinari, une unité de l'armée argentine investit les lieux.

L'armée s'installe chez Ford

Un bivouac est rapidement installé et une centaine d'hommes se déploient sur le vaste terrain qu'occupe Ford Argentine. « Au début, je ne me suis pas inquiété, assure Pedro Troiani, j'ai pensé qu'ils venaient surveiller les installations. Comme la direction avait reçu des menaces d'attentat, cela nous a paru presque normal. » En fin de journée, une queue inhabituelle se forme à la sortie de l'usine et les documents d'identité des ouvriers sont réclamés un à un par le personnel de sécurité de l'entreprise. Le tout premier jour, déjà, trois jeunes ouvriers, tous délégués syndicaux, sont livrés aux militaires puis disparaissent.

Au fil des semaines, la mécanique devient plus claire pour P. Troiani. Les ouvriers n'ont plus accès aux installations sportives, désormais réservées au QG militaire. « Les officiers connaissaient nos horaires et...

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