Deux djihadistes proches de Samy Amimour condamnés

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CONDAMNATION À PARIS DE DEUX DJIHADISTES PROCHES DE SAMY AMIMOUR
CONDAMNATION À PARIS DE DEUX DJIHADISTES PROCHES DE SAMY AMIMOUR

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Deux compagnons de route de Samy Amimour, l'un des auteurs de la tuerie du Bataclan le 13 novembre dernier, ont été condamnés vendredi à Paris, en leur absence, pour avoir projeté en 2012 de rejoindre des théâtres de djihad armé.

Charaffe el Mouadan, donné pour mort par l'armée américaine, a été condamné à une peine de cinq ans assortie d'une période de sûreté des deux tiers et Samir Bouabout, en fuite, à trois ans.

Le procès de ces deux fantômes âgés respectivement de 26 et 28 ans s'est déroulé sans prévenu et sans avocats -- en l'absence de nouvelles de leurs clients depuis deux ans et demi, ils n'ont pas souhaité faire le déplacement.

Il devait aussi être celui de Samy Amimour, mort lors des attaques du 13 novembre, mais le tribunal a conclu dans son cas à l'extinction de l'action publique.

Le trio s'est formé à l'adolescence, à Drancy, près de Paris, d'où les trois hommes sont originaires: Samy Amimour et Samir Bouabout étaient dans la même classe au collège.

Devenus jeunes adultes, ils se radicalisent, en grande partie sur internet, jusqu'à nourrir des projets de voyage à la frontière pakistano-afghane ou au Yémen, voire au Mali pour l'un d'eux, d'après les éléments du dossier rappelés à l'audience.

Interrogé début 2013 par la justice, Charaffe el Mouadan explique avoir "appris beaucoup de choses" sur internet et une centaine de vidéos de propagande sont retrouvées sur le disque dur de son ordinateur.

CONTRÔLE JUDICIAIRE

En avril 2012, une autre affaire met la justice sur la piste du trio, qui se renseigne sur les modalités d'un départ au Yémen ou en Afghanistan, a effectué des stages de tirs, et se trouve en contact via l'un d'eux avec un djihadiste parti au Mali.

Ils sont mis en examen en octobre 2012 et placés sous contrôle judiciaire, qui les oblige à se présenter à un commissariat toutes les semaines, mais finissent par s'y dérober en août et septembre 2013.

Charaffe el Mouadan se rend alors en Syrie. Ses deux aînés, accompagnés au moment de leur départ d'Omar Ismaïl Mostefaï -- lui aussi futur membre du commando du Bataclan où il a trouvé la mort --, le suivent quelques semaines plus tard.

A l'exception de Samy Amimour, leur sort demeure incertain. Un porte-parole de l'armée américaine a annoncé il y a un peu plus de deux semaines la mort de Charaffe el Mouadan en Syrie, précisant que celui-ci préparait "activement de nouveaux attentats".

Le procureur a requis des peines de sept ans contre le plus jeune, "de toute évidence le plus charismatique des trois, et le plus décidé", et de six ans contre Samir Bouabout, toutes deux assorties d'une période de sûreté des deux tiers.

"Il a été établi de façon formelle leurs convictions djihadistes et leur fascination pour le combat armé", a déclaré à l'audience le procureur, Benjamin Chambre. "Leur intérêt était de partir dans un pays en guerre, il n'y a pas d'ambiguïté."

(Edité par Yves Clarisse)

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