Deutsche Telekom sous pression sur le travail dans sa branche US

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DEUTSCHE TELEKOM SOUS PRESSION SUR LE TRAVAIL DANS SA BRANCHE US
DEUTSCHE TELEKOM SOUS PRESSION SUR LE TRAVAIL DANS SA BRANCHE US

par Harro Ten Wolde et Malathi Nayak

FRANCFORT/NEW YORK (Reuters) - Deutsche Telekom fait face à une pression croissante venant du monde politique et des investisseurs sur les conditions de travail des employés de sa branche américaine T-Mobile US.

Dans un marché américain très compétitif, la filiale la plus importante de l'opérateur allemand a connu une croissance rapide ces deux dernières années, dépassant son concurrent Sprint en nombre d'abonnés, même si elle reste largement distancée par Verizon et AT&T.

Mais elle a été accusée par le syndicat majoritaire, Communications Workers of America (CWA), de bafouer les droits de ses salariés. Et des pratiques illégales ont été mises en évidence dans deux dossiers instruits par le Labor Relations Board (NLRB), agence chargée de vérifier le respect de la réglementation du travail aux Etats-Unis.

T-Mobile, dont les effectifs s'élèvent à environ 45.000 employés, dit respecter la loi et dément maltraiter ses employés.

Deux investisseurs importants ont fait état à Deutsche Telekom de leurs préoccupations à ce sujet.

Le gestionnaire du fonds de pension APG Asset Management, qui détient 0,15% de l'opérateur allemand, a indiqué à Reuters avoir demandé une mise au point sur les conditions de travail chez T-Mobile.

"Nous considérerons notre position en fonction de cela", a-t-on déclaré sans précision au niveau de cette organisation, qui avait retiré Wal-Mart de son portefeuille en 2011 en jugeant que le distributeur américain était trop peu disposé à permettre à ses employés de se syndiquer.

Deux sources au fait du dossier ont indiqué que le fonds souverain norvégien NBIM, quatrième actionnaire du groupe allemand avec une participation de 1,6%, s'était également manifesté à ce sujet.

Deutsche Telekom a refusé de commenter ces informations, disant que ses discussions avec ses actionnaires étaient confidentielles.

Parallèlement, des parlementaires américains et allemands ont appelé le gouvernement allemand, qui contrôle 30% de l'opérateur, à exercer son influence à ce sujet. Contacté par Reuters, le ministère allemand des Finances, responsable de la gestion des participations de l'Etat, a également refusé de s'exprimer sur le sujet.

A Berlin, le syndicat allemand Verdi a relayé auprès des autorités les doléances de son homologue américain CWA et a lancé une pétition sur le site internet du parlement. Ce texte, qui demande à ce que le ministère des Finances contrôle le respect du droit du travail chez T-Mobile US, a recueilli environ 50.000 signatures.

Avec plus de 61 millions d'abonnés au 30 septembre dernier, T-Mobile dispose d'une part de marché d'environ 16% aux Etats-Unis.

(Myriam Rivet pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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