Des milliers d'étudiants et de lycéens dans la rue

le , mis à jour à 15:43
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HEURTS ENTRE ÉTUDIANTS ET FORCES DE L'ORDRE
HEURTS ENTRE ÉTUDIANTS ET FORCES DE L'ORDRE

PARIS (Reuters) - Des milliers d'étudiants et de lycéens ont de nouveau manifesté jeudi à l'appel de leurs syndicats Unef, Unl et Fidl contre le projet de loi réformant le Code du travail, présenté dans la matinée en conseil des ministres.

A Paris et Nantes, des petits groupes de manifestants cagoulés et masqués ont affronté les forces de l'ordre.

La mobilisation perdure bien que le gouvernement ait retiré certaines des dispositions les plus contestées.

La version remaniée ne comprend plus le plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la possibilité pour les petits employeurs de fixer unilatéralement certaines règles en cas d'absence d'accord d'entreprise ou une disposition permettant de faire travailler plus longtemps des apprentis, sur simple information de l'inspection du travail.

Les manifestants n'en exigent pas moins le retrait de ce texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Le ministère de l'Education nationale a fait état de 57 lycées bloqués à 11h00, contre 115 le 17 mars dernier, sur environ 2.500 lycées publics dans toute la France.

A Paris, des centaines de jeunes ont manifesté de la place d'Italie au quartier Montparnasse derrière une banderole proclamant : "Jeunes et insurgé-e-s, le monde est à nous".

Dans le quartier Montparnasse, plusieurs dizaines de manifestants cagoulés et masqués ont lancé des projectiles, notamment des bouteilles, sur les forces de l'ordre, qui ont riposté à coups de grenades lacrymogènes.

A Nantes (Loire-Atlantique), 6.000 lycéens et étudiants ont manifesté dans le centre-ville, selon la préfecture.

Ils brandissaient des banderoles proclamant "Loi Travail : précarité à perpétuité", "Les travailleurs-euses de demain disent stop" ou "Il faut arrêter les khonris".

Un groupe de manifestants masqués a incendié des poubelles. Sept jeunes de 16 à 19 ans ont été interpellés après des jets de pierres contre les forces de l'ordre, près de l'université.

Ces arrestations surviennent alors qu'un intérimaire au chômage de 22 ans, décrit par la police comme un "manifestant professionnel" et un "leader de l'ultra-gauche" locale, a été condamné lundi en comparution immédiate à six mois de prison fermes avec maintien en détention.

Les syndicats CGT, Force ouvrière (FO), FSU et Union syndicale Solidaires, qui appellent à une journée de grèves et de mobilisation le 31 mars pour obtenir le retrait du texte.

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info, 71% des Français restent opposés à ce projet de loi.

(Emmanuel Jarry, avec Guillaume Frouin, édité par Sophie Louet)

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  • M3379984 il y a 9 mois

    je pensais que l'on était en état d'alerte :o)