Des magistrats et avocats dénoncent l'état d'urgence

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DES MAGISTRATS ET AVOCATS S'INQUIÈTENT DE L'ÉTAT D'URGENCE
DES MAGISTRATS ET AVOCATS S'INQUIÈTENT DE L'ÉTAT D'URGENCE

PARIS (Reuters) - Deux syndicats, l'un de magistrats et l'autre d'avocats, dénoncent mardi l'état d'urgence décrété par le gouvernement après les attentats de Paris et Saint-Denis qui menacent selon eux les libertés publiques, suscitant la colère de policiers.

L'état d'urgence a été décrété en France pour 12 jours mais François Hollande va demander au Parlement de le prolonger pour trois mois après les attaques meurtrières de vendredi qui ont fait au moins 129 morts.

Selon la loi de 1955, il permet aux autorités d'interdire la circulation des personnes, de mettre en place des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé et d'autoriser des perquisitions administratives.

Mais pour le Syndicat de la magistrature (SM, proche de la gauche) "le discours martial" repris par l'exécutif et "sa déclinaison juridique dans l'état d'urgence ne peuvent qu'inquiéter".

"L'état d'urgence modifie dangereusement la nature et l'étendue des pouvoirs de police des autorités administratives. Des interdictions et des restrictions aux libertés individuelles et collectives habituellement encadrées, examinées et justifiées une à une deviennent possibles par principe", écrit-il dans un communiqué.

"La France a tout à perdre à cette suspension, même temporaire, de l'Etat de droit", ajoute-t-il.

Pour le Syndicat des avocats de France (SAF), les lois successives sur la sécurité, le renseignement et l'antiterrorisme "qui n'ont pourtant pas permis d'éviter ces attaques", ainsi que les propositions de François Hollande "d'accroître dans l'urgence les pouvoirs de l'exécutif" sont inquiétantes.

"Elles accentuent encore la dérive vers la constitution d'un Etat policier, sans contre-pouvoir effectif. Elles sont une menace pour les libertés fondamentales", estime-t-il dans un communiqué.

Jugeant regrettable qu'aucun débat transparent ne soit aujourd'hui possible pour discuter des mesures de sécurité qui sont mises en oeuvre par les pouvoirs publics, le SAF demande que des institutions indépendantes puissent "contrôler l'efficience des mesures de sécurité".

En réaction, le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) dénonce le "dogmatisme fou" du "tristement célèbre" Syndicat de la magistrature, qu'il qualifie de "groupuscule idéologique".

"Le propre d'un Etat de droit, c'est que les lois, fussent-elles de 1955, soient appliquées", dit-il dans un communiqué qualifiant les membres de l'organisation "d'alliés objectifs de tous les terroristes".

Le député LR Georges Fenech s'indigne lui aussi des critiques des deux syndicats, qu'il juge proches de la ministre de la Justice Christiane Taubira. "Il appartient à Christiane Taubira de rappeler ceux-là même qui soutiennent sa politique pénale à leur obligation de réserve, voire de simple dignité, en ces circonstances dramatiques", écrit-il.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le mercredi 18 nov 2015 à 11:51

    Ces magistrats et avocats devraient se retenir de parler sous le coup de l'émotion.

  • d.contan le mercredi 18 nov 2015 à 11:37

    c'est grave car la justice c'est un des pouvoirs qui peut manipuler la verité au meme titre que les medias et bien evidemment les politiciens

  • janaliz le mercredi 18 nov 2015 à 10:35

    Cela me rappelle par analogie la chanson de Brassens à propos d'un juge et d'un certain animal...

  • janaliz le mercredi 18 nov 2015 à 10:33

    A l'affiche de leur fameux mur ils devraient tenir la place à eux seuls. S'opposer à l'état d'uregence est de la désobéissance et mériterait la dissolution...

  • bordo le mercredi 18 nov 2015 à 10:23

    Mais non, c'est excellent, au contraire. Ils montrent leur totale déconnexion avec la société réelle et ainsi se déconsidèrent (en un seul mot). Donc ils vont finir par susciter la colère populaire ; n'oublions pas que la justice est rendue non pas au nom de Dieu ou de l'idéologie pro-délinquants-victimes-de-la-société-pourrie qu'ils défendent, mais au nom du peuple français.

  • exmarot9 le mercredi 18 nov 2015 à 10:19

    au contraire chers magistrats et avocats, on devrait augmenter l'état d'urgence, faire une loi bis , une sorte de Patriot act, où on punirait des gens qui sortiraient des inepties comme vous comme traitres à la patrie. Laissez la police faire son travail, et vous, commencez à vous poser des quetions concernant le votre, remettez vous en question si vous le pouvez.

  • boudet le mercredi 18 nov 2015 à 10:01

    Bien protégés dans leur vie et dans leur confort professionnel d'intouchables, leur ré"action montrent qu'ils ne comprendront jamais rien. Et ce sont eux qui sont supposés nous défendre et juger. On comprends mieux leurs décisions qui sont à nos yeux incompréhensibles.

  • bouchet1 le mercredi 18 nov 2015 à 09:56

    ..pauvres arabes victimes de notre société. = RACISME car ce sont les délinquants qui sont en cause et pas une ethnie! Marre de cette dérive du Fa cho Nase

  • masson33 le mercredi 18 nov 2015 à 08:58

    Pour les magistrats, je comprends...idéologie libérale de gauche...pauvres arabes victimes de notre société...Pour les avocats, je comprends aussi...leurs clients seront "moins défendables"....Finalement, des gens pas très utiles pour la paix citoyenne....

  • M1961G le mercredi 18 nov 2015 à 08:38

    ces avocats , ces magistrats devraient plutôt remercier les forces de l'ordre , les secours qui font en france comme d'habitude un travail remarquable .