Des fruits et légumes vendus à prix réduits à Paris

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En organisant la vente directe de fruits et légumes ce jeudi auprès des Parisiens, le plus petit syndicat agricole français, le Modef, veut dénoncer les pratiques commerciales de la grande distribution.

Quelque 50 tonnes de fruits et légumes en provenance du Lot et Garonne vont être proposées aux Parisiens par une centaine de producteurs ce jeudi dès 8h30 place de la Bastille et aussi dans une trentaine de villes autour de la capitale. Ainsi on pourra trouver des tomates, haricots verts, pommes de terre, nectarines, poires et prunes à des prix défiants toute concurrence car vendus sans intermédiaire.

Cette année peu ou pas de melons sur les étals du Modef compte tenu de la pénurie. «Nous voulons aller à la rencontre directe des consommateurs et dénoncer les pratiques de la grande distribution et de l'industrie agroalimentaire qui importent massivement des fruits et légumes de pays où les règles sociales, environnementales et sanitaires sont moins contraignantes qu'en France», dénonce au Figaro Isabelle Daugreilh, vice-présidente du Modef (Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux) à l'origine de cette manifestation.

«On assiste ainsi à une très forte délocalisation de la production vers les pays méditerranéens et autres pays tiers. La tomate par exemple arrive d'Espagne ou du Maroc entre 40 à 50 centimes euros le kilo sur le marché français alors que le coût de revient pour un producteur dans l'Hexagone se situe autour de 75 centimes», déplore la responsable du Modef.

Faute d'une rémunération suffisante, le nombre de producteurs français de fruits et légumes a été divisé par deux en 15 ans et les quantités produites ont été diminuées de 1,7 million de tonnes. L'Allemagne est ainsi passée devant la France pour les volumes de fraises et d'asperges. «Résultat le déficit de la balance commerciale en fruits et légumes frais se creuse d'année en année et atteint désormais 10 milliards d'euros», regrette-t-on au Modef. Cette année l'embargo russe décreté sur les fruits et légumes européens, - un flux annuel de 2 milliards d'euros d'exportations pour la France-, vient aggraver la situation d'un secteur économique déjà fragile.

En attendant, il n'y en aura pas de fruits et légumes à prix coûtants pour tout le monde ce jeudi matin à Paris. «L'an dernier, la marchandise était partie en moins de deux heures», se souvient Isabelle Daugreilh. «Les gens veulent faire une bonne affaire surtout en période de crise mais ont aussi besoin d'avoir un contact direct avec les producteurs», poursuit-elle. C'est aussi un bon moyen pour que le plus petit syndicat agricole français, proche du PCF, de se faire connaître aux yeux du grand public.

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  • jharguin le jeudi 21 aout 2014 à 09:02

    Pourquoi les fruits et legumes chez les producteurs sont aussi cher que dans la grande distribution???