Denis Baupin accusé de harcèlement par des élues EELV

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DENIS BAUPIN ACCUSÉ DE HARCÈLEMENT SEXUEL
DENIS BAUPIN ACCUSÉ DE HARCÈLEMENT SEXUEL

PARIS (Reuters) - Plusieurs responsables et élues d'Europe Ecologie-Les Verts accusent le député Denis Baupin, qui vient de quitter la formation en raison de désaccords politiques, de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels.

Les témoignages diffusés lundi par France Inter et le site d'informations Mediapart portent sur des faits remontant jusqu'à la fin des années 1990 même si, soulignent les deux médias, aucune plainte n'a été déposée à ce jour contre le vice-président de l'Assemblée nationale.

Toujours selon ces médias, le député, que Reuters a tenté sans succès de joindre lundi, n'a pas donné suite aux demandes d'explications sollicitées par leurs journalistes.

Sandrine Rousseau, porte-parole d'EELV, indique que Denis Baupin l'a "plaquée contre le mur en (la) tenant par la poitrine et à cherché à (l)'embrasser" en octobre 2011.

La députée Isabelle Attard rapporte de son côté avoir reçu des dizaines de SMS de l'intéressé entre 2012 et décembre 2013, quand elle a décidé de quitter EELV sur un désaccord politique. "C’était du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces", témoigne-t-elle.

France Inter et Mediapart ont recueilli huit témoignages, dont certains anonymes, mettant en cause le député de Paris, époux de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, elle aussi en rupture de ban d'EELV.

Il apparaît en outre, selon certains témoignages, que son comportement était connu à l'intérieur d'un parti réputé pour sa défense des droits des femmes.

EELV MINÉ PAR LES DIVISIONS

"Je suis abasourdi. Ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées", a réagi le député vert François de Rugy, un proche de Denis Baupin qui a lui aussi quitté EELV.

"Si ces faits sont avérés, il doivent bien sûr être condamnés et c'est à la justice d'établir la vérité des faits, et je pense que Denis Baupin aura l'occasion de dire les choses, de s'exprimer", a-t-il déclaré sur France Inter.

François de Rugy a reconnu être intervenu dans le passé auprès de Denis Baupin pour faire cesser des messages dénoncés par une collaboratrice du groupe EELV de l'Assemblée, parlant de "propos un peu équivoques" mais rien qui soit assimilable à du "harcèlement ou encore moins de l'agression".

Ces accusations sont lancées alors que Denis Baupin a annoncé le mois dernier sa démission d'EELV, un parti profondément divisé autour du soutien à la majorité gouvernementale et miné par les défections, dont celles de trois responsables qui ont fait leur entrée en février dans le gouvernement.

Le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux, a estimé qu'il devait s'expliquer sur ces faits "très graves".

"Je remarque qu'il n'a pas souhaité répondre pour l'instant. Il doit s'exprimer et donner sa vision des faits, se défendre. Je souhaite qu'il dise sa vérité sur cette affaire", a-t-il dit, en estimant que la question de la démission de Denis Baupin allait "se poser au président de l'Assemblée nationale". 

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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