Démission du chancelier autrichien, Werner Faymann

le
0
DÉMISSION DU CHANCELIER AUTRICHIEN WERNER FAYMANN
DÉMISSION DU CHANCELIER AUTRICHIEN WERNER FAYMANN

VIENNE (Reuters) - Le chancelier autrichien, Werner Faymann, sous le feu des critiques depuis que sa formation politique, le parti social-démocrate (SPÖ), a subi un cuisant échec au premier tour de l'élection présidentielle il y a deux semaines, a annoncé lundi qu'il démissionnait de toutes ses fonctions.

"Est-ce que je bénéficie d'un fort soutien au sein du parti ? Je dois admettre que la réponse est non", a expliqué Werner Faymann dans un communiqué. "Je tire les conséquences de ce faible soutien en démissionnant de mes postes de chef du parti et de chancelier fédéral."

Le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner, chef du Parti populaire (ÖVP, conservateur), partenaire minoritaire du SPÖ au sein de la coalition gouvernementale, va assurer l'intérim à la chancellerie, a indiqué la porte-parole du président autrichien, Heinz Fisher.

Réagissant à la démission de Werner Faymann, Reinhold Mitterlehner, dont le parti a aussi été éliminé au premier tour de la présidentielle, a déclaré qu'il ne voyait pas de raison de convoquer des élections législatives anticipées. Le prochain scrutin est prévu en 2018.

Werner Faymann a été hué dimanche lors d'une cérémonie du 8-Mai par de jeunes militants du SPÖ et des syndicalistes qui lui reprochaient le durcissement des règles d'accueil des migrants et du droit d'asile pour les réfugiés et l'ont accueilli aux cris de "démission".

Il devait participer lundi après-midi à une réunion de la direction du SPÖ, durant laquelle le parti entendait débattre de sa stratégie, dont l'éventuelle mise à l'écart de son chef et une possible alliance avec le parti d'extrême droite anti-immigration FPÖ, ouvertement réclamée par plusieurs cadres sociaux-démocrates.

La coalition gouvernementale est particulièrement fragilisée depuis que le SPÖ et l'ÖVP n'ont réuni à eux deux que 23% des suffrages au premier tour de la présidentielle, contre 36% au candidat du FPÖ, Norbert Hofer, et son programme anti-islam et eurosceptique. Ce dernier sera opposé au second tour, le 22 mai, à l'écologiste Alexander van der Bellen.

Le SPÖ et le FPÖ coopèrent déjà à la tête de certaines villes et provinces autrichiennes mais Werner Faymann, 56 ans, s'est toujours dit catégoriquement opposé à une telle alliance au niveau fédéral.

(Leonhard Föger, François Murphy et Shadia Nasralla, Tangi Salaün pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant