Démission de deux ministres belges refusée après les attentats

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LA DÉMISSION DE DEUX MINISTRES BELGES REFUSÉE APRÈS LES ATTENTATS DE BRUXELLES
LA DÉMISSION DE DEUX MINISTRES BELGES REFUSÉE APRÈS LES ATTENTATS DE BRUXELLES

par Alastair Macdonald, Foo Yun Chee et Ingrid Melander

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres belges de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, ont offert leur démission jeudi, après les failles révélées à la suite des attentats djihadistes de Bruxelles, mais le Premier ministre Charles Michel leur a demandé de rester à leur poste "vu la situation de guerre".

Les autorités belges sont embarrassées depuis que la Turquie a annoncé avoir expulsé à deux reprises l'an dernier, en juillet puis en août, Ibrahim el Bakraoui, l'un des deux kamikazes de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.

Les deux autres kamikazes ont été identifiés. Il s'agit de Najim Laachraoui, qui était également mardi matin à l'aéroport, et de Khalid el Bakraoui, frère d'Ibrahim, qui a fait exploser sa charge dans le métro.

Les explosions ont fait 31 morts et environ 270 blessés.

Un autre homme est recherché. Filmé par les caméras de surveillance avec les deux kamikazes à l'aéroport, il aurait laissé sur place la charge la plus puissante, qui a explosé avec retard et n'a pas fait de victimes.

On ignore aussi ce qu'est devenu un autre suspect, filmé dans le métro avec Khalid el Bakraoui. Il est peut-être mort dans l'explosion, ou alors il a pris la fuite.

En juillet dernier, les autorités belges n'ont pas demandé à la Turquie l'extradition d'Ibrahim el Bakraoui, ne le considérant pas comme un djihadiste. Il a finalement été expulsé par les Turcs vers les Pays-Bas.

Pourtant, condamné à neuf ans de prison en Belgique pour des faits de grand banditisme, Bakraoui avait bénéficié d'une libération conditionnelle dont il n'avait pas respecté les règles.

L'EI SALUE UNE "VICTOIRE"

"Si l'on aligne tous les faits, on peut se poser de grandes questions sur un certain nombre de choses, tant en ce qui concerne la justice que les développements ensuite au niveau policier", a reconnu jeudi Jan Jambon.

"Nous avons travaillé toute la soirée et la nuit pour établir les faits", a-t-il précisé, ajoutant qu'il avait jugé qu'il devait "prendre ses responsabilités politiques".

"En d'autres circonstances, je n'aurais pas accédé à la demande du Premier ministre de rester", a-t-il ajouté.

Les enquêteurs sont convaincus que les auteurs des attentats de Bruxelles appartiennent au même réseau que celui qui a organisé ceux de Paris en novembre dernier (130 morts).

Le parquet belge a ainsi confirmé qu'il avait lancé en décembre dernier un mandat d'arrêt international contre Khalid el Bakraoui, dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris.

L'Etat islamique a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo saluant la "victoire" remportée à Bruxelles et montrant l'entraînement de djihadistes belges soupçonnés d'implications dans les attaques de Paris.

Selon le journal belge La Dernière Heure (DH), qui cite une source policière, les kamikazes de Bruxelles projetaient à l'origine de viser une centrale nucléaire en Belgique mais ont dû changer leurs plans après les arrestations de la semaine dernière, dont celle de Salah Abdeslam.

La chaîne publique néerlandophone VRT a rapporté de son côté que Salah Abdeslam avait planifié des fusillades dans la capitale belge similaires à celles du 13 novembre à Paris.

SALAH ABDESLAM VEUT ALLER EN FRANCE

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice des pays de l'Union européenne étaient réunis jeudi à Bruxelles pour examiner la réponse à apporter aux attentats de mardi.

Le roi Philippe, Charles Michel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont participé à une cérémonie devant le parlement et des centaines de personnes ont observé une minute de silence place de la Bourse, où des fleurs et des bougies ont été déposées en hommage aux victimes.

Le djihadiste présumé Salah Abdeslam, arrêté à Bruxelles vendredi dernier, veut désormais rentrer en France "le plus vite possible", a déclaré son avocat à la presse.

Samedi dernier, ce Français d'origine marocaine de 26 ans, soupçonné d'avoir été une cheville ouvrière des attentats du 13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis, avait fait savoir par son avocat qu'il refusait d'être remis aux autorités françaises.

"Je peux vous annoncer qu'on refusera l'extradition vers la France", avait alors dit Me Sven Mary.

Jeudi, après une audition en l'absence de Salah Abdeslam à la chambre du Conseil à Bruxelles, l'avocat s'est fait l'écho du revirement de son client, qui est incarcéré à Bruges: "Il souhaite repartir en France le plus vite possible parce que je pense (...) qu'il veut s'expliquer en France. C'est une bonne chose", a dit l'avocat à la presse.

Les autorités françaises ont émis un mandat d'arrêt européen à l'encontre du dernier rescapé présumé des attentats du 13 novembre.

(Avec Philip Blenkinsop, Julia Fioretti, Barbara Lewis, Bate Felix, Jan Strupczewski, Robin Emmott et Jean-Baptiste Vey; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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  • rraclot il y a 9 mois

    Tout passe et on oublie de plus en plus vite... Il y a les premiers et parfois les derniers... C'est la conscience du Monde !