Délibérés dans deux volets de l'affaire Bettencourt

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BORDEAUX (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Bordeaux rendra jeudi ses décisions dans deux volets de l'affaire Bettencourt, celui des abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt de 2006 à 2010 et celui du trafic d'influence.

Deux hommes sont concernés par les deux procédures, l'ancien ministre UMP Eric Woerth, accusé d'avoir obtenu de l'argent de la milliardaire pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et l'ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire Patrice de Maistre.

Le parquet a requis la peine maximale de trois ans de prison ferme et 375.000 euros d’amende contre le photographe François-Marie Banier, accusé d'avoir bénéficié des largesses de la part de Liliane Bettencourt alors en état de faiblesse selon les experts, pour des montants dépassant 400 millions d'euros.

François d’Orgeval, le compagnon de Banier poursuivi pour avoir bénéficié de libéralités et de dons, a également été la cible du vice-procureur Gérard Aldigé qui a requis contre lui trois ans de prison assortis de 18 mois de sursis et 375.000 euros d'amende, la même réquisition que pour Patrice de Maistre.

L'ancien gestionnaire de fortune, qui a nié tout au long du procès, comme les autres prévenus, avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire, est poursuivi pour avoir obtenu des libéralités à hauteur, au total, de 12 millions d'euros.

Le ministère public a enfin demandé des peines de deux ans de prison ferme et 375.000 euros d’amende pour Carlos Véjarano, ancien gestionnaire de l'île d'Arros aux Seychelles, qui appartenait à la famille Bettencourt, et un an de prison avec sursis pour le notaire Jean-Michel Normand.

Mais le parquet a requis la relaxe pour Eric Woerth, l'avocat Pascal Wilhelm et l'homme d'affaires Stéphane Courbit.

Le procès a porté notamment sur les expertises médicales, clé de voûte de l'accusation, qui ont fixé à septembre 2006 le début de l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt, des conclusions contestées durant l'instruction et les débats.

DES TÉMOIGNAGES "PAS CRÉDIBLES"

Certains témoins à charge, dont l'ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout, qui a affirmé avoir préparé des enveloppes d'argent à destination d'Eric Woerth, ont été mis en examen pour faux témoignage.

"Nous avons toujours soutenu que ces témoignages n'étaient pas crédibles. Ces mises en examen renforcent cette absence de crédibilité", a dit à Reuters Me Pierre Cornut-Gentille, avocat de François-Marie Banier.

Procès dans le procès, Eric Woerth a été accusé d'avoir touché en 2007 en tant que trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy de l'argent liquide de la milliardaire et à l'insu de cette dernière par l'intermédiaire de Patrice de Maistre.

Les coïncidences de dates entre les retraits d'argent et les rendez-vous communs n'ont pas convaincu le parquet qui a requis la relaxe sur cet aspect du dossier.

Enfin, dans le procès pour trafic d'influence, Eric Woerth est soupçonné d'avoir fait obtenir la Légion d'honneur en 2008 à Patrice de Maistre en échange de l'embauche de son épouse en 2007 dans sa société Clymène chargée de gérer les dividendes tirés par Liliane Bettencourt de ses avoirs L'Oréal.

Le ministère public a demandé la relaxe, voyant dans l'instruction "une construction intellectuelle".

(Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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