Début d'année en fanfare pour les fusions dans la pharmacie

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DÉBUT D'ANNÉE EN FANFARE POUR LES FUSIONS DANS LA PHARMACIE
DÉBUT D'ANNÉE EN FANFARE POUR LES FUSIONS DANS LA PHARMACIE

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - Le rachat du laboratoire américain Pharmacyclics par son compatriote AbbVie pour 21 milliards de dollars souligne le gros appétit du secteur pharmaceutique pour de nouveaux médicaments en un moment où la recherche exercée par de petites sociétés de biotechnologies est à la source de progrès parmi les plus prometteurs de la médecine.

La concurrence sur les médicaments vedettes de demain est plus âpre que jamais, rendant les transactions coûteuses et permettant au secteur pharmaceutique de s'illustrer particulièrement pour ce qui est des fusions et acquisitions (M&A).

Depuis le début de l'année, la pharmacie a représenté 10,5% du total des M&A dans le monde contre 3 à 4% habituellement, selon les données Thomson Reuters.

Le groupe pharmaceutique américain AbbVie a annoncé mercredi soir le rachat du laboratoire californien Pharmacyclics, spécialiste de l'oncologie, pour 21 milliards de dollars (19 milliards d'euros), soit la plus importante acquisition réalisée jusqu'à présent en 2015..

A ce jour, les fusions dans la pharmacie et les biotechnologies représentent 59,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 94% par rapport à la même période l'an passé. C'est le montant le plus élevé, à ce stade, depuis 2009.

Les grands laboratoires cherchent à mettre la main sur les traitements développés par des biotechs dynamiques afin de reconstituer leurs portefeuilles de médicaments à mesure que certains médicaments perdent avec le temps la protection que leur confère leurs brevets.

Pharmacyclics produit par exemple l'Imbruvica, un médicament autorisé dans plus de 40 pays et qui est prescrit aux Etats-Unis pour lutter contre quatre formes du cancer du sang.

En se renforçant dans les traitements contre le cancer, le groupe de Chicago réduit sa dépendance envers le Humira, son traitement vedette de la polyarthrite rhumatoïde qui représente l'essentiel de ses ventes mais qui tombera dans le domaine public dans quelques années.

"Cette acquisition vient rappeler que les grands laboratoires sont prêts à payer pour de nouveaux produits de qualité", souligne Maxim Jacobs, analyste chez Edison Investment Research.

L'accord traduit aussi la volonté du directeur général d'AbbVie Richard Gonzalez de trouver d'autres cibles après l'échec du rachat de la société irlandaise Shire pour 55 milliards de dollars l'an dernier.

Sur de nombreux points, 2014 a été en fait l'année des actes manqués, l'américain Pfizer ayant également jeté l'éponge après avoir tenté une OPA de 118 milliards de dollars sur le laboratoire britannique AstraZeneca.

Depuis, le concepteur du Viagra a jeté son dévolu sur Hospira, reprenant pour 15 milliards de dollars (13,1 milliards d'euros) le spécialiste de médicaments génériques injectables.

Le canadien Valeant Pharmaceuticals, de son côté, a annoncé le mois dernier le rachat de l'américain Salix Pharmaceuticals pour une valeur d'entreprise de 14,5 milliards de dollars.

(Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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