Débat à enjeux entre les candidats de la droite à la primaire

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DÉBAT À ENJEUX ENTRE LES CANDIDATS À LA PRIMAIRE
DÉBAT À ENJEUX ENTRE LES CANDIDATS À LA PRIMAIRE

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Le premier débat entre les sept candidats à l'investiture présidentielle de la droite, jeudi soir, donnera une idée plus précise de la tournure de la campagne et de la capacité de Nicolas Sarkozy à reprendre la main face à Alain Juppé à moins d'un mois et demi du premier tour.

Jusqu'à présent relégués au second plan, les autres prétendants voient dans cette soirée, retransmise en direct sur TF1 et RTL, une occasion de faire entendre leur voix dans une primaire qui tourne de plus en plus au duel de deux ambitieux.

Sous-entendus assassins et échanges acerbes ont fusé de toutes parts ces derniers jours, les uns invoquant à mots couverts les ennuis judiciaires de leurs rivaux, les autres accusant leurs concurrents de courtiser des électeurs étrangers aux valeurs de la droite et du centre.

Dans cette ambiance délétère, Alain Juppé s'est plus que jamais affirmé comme le favori, fort d'une série de ralliements en sa faveur et d'enquêtes d'opinion qui lui prêtent désormais au deuxième tour une avance d'une vingtaine de points sur un Nicolas Sarkozy à la peine.

L'ancien chef de l'Etat attend donc le débat de jeudi, consacré aux sujets régaliens et à l'économie, pour enrayer la dynamique amorcée fin septembre avec la résurgence de l'affaire de ses comptes de la campagne de 2012 et le réquisitoire dressé sous la forme d'un livre par son ex-conseiller Patrick Buisson.

Dans l'entourage d'Alain Juppé, on dit espérer un débat "apaisé" et on promet une prestation sérieuse, à l'image de la campagne voulue par l'ex-Premier ministre. Mais on ne s'interdit pas de répondre aux éventuelles piques.

"On est là pour faire campagne pour les propositions d'Alain Juppé, pour défendre sa personnalité, son projet politique, pas pour flinguer les autres. Mais enfin on n'est pas non plus nés de la dernières pluie", a par ailleurs déclaré cette semaine le député juppéiste Benoist Apparu sur Radio Classique.

"CRÉER LA SURPRISE"

Devant l'enjeu, des représentants de toutes les équipes se sont donné rendez-vous à plusieurs reprises au siège de TF1 pour négocier les moindres détails - temps de parole accordé à chacun, thèmes abordés, disposition du plateau, entre autres.

Et tous les candidats ont allégé leur planning pour se laisser le temps de réviser leurs fiches.

Bruno Le Maire n'a donné que deux interviews, l'une lundi et l'autre mardi, et s'est dispensé de toute réunion publique en début de semaine. De même, François Fillon n'avait prévu aucun meeting dimanche, mercredi et jeudi.

"Le travail en amont a déjà été accompli. François Fillon a commencé cet été, lorsqu’il était en vacances, à travailler et à préparer ces débats (...). Ce n'est pas quelque chose qui s'improvise dans les 48 heures", selon Jérôme Chartier, porte-parole de l'ex-Premier ministre.

Dans les camps de François Fillon et de Bruno Le maire, on veut croire que le premier des trois débats marquera un tournant dans la campagne : pour la première fois, ils seront traités à égalité avec les deux favoris et jouiront d'une large audience.

En 2011, le premier débat entre candidats à la primaire de la gauche, diffusé sur France 2, avait attiré 4.920.000 téléspectateurs.

Jeudi, chacun des prétendants disposera du même temps de parole, y compris les trois "petits" candidats - Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson -, qui tentent de se débarrasser de cette étiquette.

"C'est moi qui peux créer la surprise", a dit au Monde Jean-François Copé, crédité de moins de 2% des intentions de vote.

"Les autres candidats ont déjà raconté leur histoire et les médias ont déjà tout écrit sur eux. Ce n'est pas le cas pour moi", a ajouté l'ex-président de l'UMP, qui avait lancé fin septembre une violente charge contre Nicolas Sarkozy, dans le même journal, au sujet de l'affaire Bygmalion.

Face aux journalistes de TF1, de RTL et du Figaro, il occupera le pupitre à côté de celui de l'ex-président. Qui sera lui-même séparé d'Alain Juppé par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les deux débats suivants auront lieu les jeudis 3 et 17 novembre.

(Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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