De Courtois - Turquie : chronique d'un contrecoup annoncé

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Depuis la tentative de coup d'État de vendredi soir, Erdogan a demandé à ses partisans de descendre tous les soirs dans la rue pour le soutenir.  
Depuis la tentative de coup d'État de vendredi soir, Erdogan a demandé à ses partisans de descendre tous les soirs dans la rue pour le soutenir.  

Temps pourri sur la Turquie. Météo couverte. Ne sortez pas. Le message est clair. Depuis mercredi 20 juillet, l'état d'urgence a été déclaré sur l'ensemble du territoire turc. Panique à bord pour certains, calme retrouvé pour d'autres, comme mon chauffeur de taxi : « Ils font le ménage, ne t'inquiète pas, tout est calme ! » Mercredi soir, une partie de la nuit, ce sont des concerts de klaxons ininterrompus qui ont accompagné cette décision. Un immense barnum a été monté sur la place de Taksim, mêlant drapeaux turcs et portraits géants du président Recep Tayyip Erdogan, avec ce slogan : « You will never walk alone RTE ». Depuis la tentative de coup d'État de vendredi soir (dans la nuit du 15 au 16 juillet), l'ordre a été donné aux sauveurs de la « démocratie » d'occuper les places des grandes villes.

Sur l'immense façade de l'AKM, le centre culturel d'Atatürk qui domine Taksim, nous pouvons lire cette banderole : « Chien de Satan, Feto nous te pendrons avec ta laisse » (en turc). Feto est le diminutif de Fethullah Gülen, un imam de 75 ans exilé depuis des années aux États-Unis et qui est accusé par le chef de l'État d'être l'instigateur du coup de force. Détail intéressant, si l'on aime les symboles, c'est sur ce même mur de l'AKM qu'en juin 2013 les révoltés de Gezi affichaient leurs slogans libertaires, dont « Ne te soumets pas ». En trois ans, on peut voir ainsi le chemin accompli par la...

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