Dans la peau d'un JAP

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En France, au 1er juin 2016, 10 758 condamnés étaient placés sous surveillance électronique (PSE).
En France, au 1er juin 2016, 10 758 condamnés étaient placés sous surveillance électronique (PSE).

Ils sont, à chaque fois, un peu gauches en entrant dans son bureau. Ils lui donnent du « Monsieur le Juge » plus ou moins sincère, se tordent les pouces d'un air contrit, font tout pour lui plaire. Ils tentent de lui arracher un sourire et de s'attirer quelques sympathies. Ils disent : « Oui, oui, je ferai attention » à tout ce qu'il leur demande. Le juge de l'application des peines (JAP) a sur eux un pouvoir total : c'est lui qui décide de qui reste en liberté et de qui retourne en prison. C'est le magistrat chargé de veiller sur les condamnés qui ne sont pas en cellule. Dans son bureau, ce jeudi matin d'août, Nicolas Maury, vice-président chargé de l'application des peines au tribunal de grande instance d'Évry, raconte l'ampleur de la tâche : « Nous sommes le dernier rempart de la crédibilité de l'autorité judiciaire. »

Placement sous surveillance électronique (PSE), semi-liberté, obligation de soins, de formation, de rechercher un emploi? Le JAP veille sur tout et a sur lui le poids de la récidive. Si le condamné, qui purge sa peine au sein de la société, commet un nouveau délit, c'est lui qui encaissera en silence la pression de l'opinion. Ce matin d'août, Nicolas Maury montre dans un soupir les liasses de papiers, les fax d'un autre temps, les armoires bourrées mais méticuleusement rangées. Il sourit : « Avec toute cette paperasse, on a des problèmes d'archivage. Dans certains petits...

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  • dotcom1 il y a 3 mois

    Le JAP, c'est celui qui libère le chauffeur du camion-frigo de Nice, mais pas la femme battue par son mari.