Dans la "jungle" de Calais, des migrants fatigués de fuir

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À Calais, les grands moyens ont été pris pour ce que l?on appelle pudiquement la « mise à l?abri ».
À Calais, les grands moyens ont été pris pour ce que l?on appelle pudiquement la « mise à l?abri ».

Sur la photo, l'homme sous le pachol, le chapeau traditionnel afghan, a l'air impassible des sages. « C'était mon père », montre Hamza Jahangir gravement, tout en balayant les photos sur son téléphone. Il a laissé ses sandales en plastique au bas de l'estrade de bois, recouverte de tissu vert, et s'est assis en tailleur, pieds nus. Le temps d'un instant, sirotant son tchaï dans un gobelet en plastique, au Peace Restaurant de la jungle de Calais, il est à nouveau là-bas. Son pouce glisse, une carcasse de voiture calcinée. Il glisse encore, un cercueil, coiffé d'un tapis, une assistance en pleurs. « C'était pour la mort de mon père. » Son enterrement ? « Oui. Il a été tué par les talibans. Il y a cinq ans, il a appelé pour me dire qu'il arrivait dans 10 minutes pour la rupture de jeûne, pendant le ramadan, et puis j'ai entendu un gros boum. Une bombe a explosé au passage de sa voiture. J'ai tout de suite compris. Il avait déjà été attaqué deux fois. »

Do you have the paper ?

Le père de Hamza était « espion » pour l'Otan. Il a même une photo de son permis de port d'arme, signé par un officier américain. Ces talibans étaient de son village, ils savaient que lui, l'enfant de 15 ans, deviendrait un homme qui vengerait son père. « C'est culturel, chez nous. Alors ma mère m'a envoyé au Pakistan. Mais...

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