COR-Accord de compétitivité signé chez Mahle-Behr

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STRASBOURG (Reuters) - Ajoute "jusqu'en 2023" au §5 et corrige "jusqu'en 2020" à la place de "jusqu'en 2010" au §9.

Deux syndicats sur cinq de l’équipementier automobile Mahle-Behr, à Rouffach, dans le Haut-Rhin, ont signé mercredi un accord de compétitivité demandé par la direction pour ne pas aller au-delà des 110 suppressions d’emplois annoncées en janvier, a-t-on appris de source syndicale.

L’accord est réputé valide dans la mesure où les deux syndicats signataires, la CFE-CGC et l’Unsa, représentent un peu plus de 30% des salariés aux dernières élections professionnelles. D’autres syndicats représentant au moins 50% des salariés peuvent toutefois le dénoncer.

La CFTC, premier syndicat au sein de cette usine qui fabrique des systèmes de chauffage et de climatisation, a refusé de signer, de même que la CGT et la CFDT.

Mahle-Behr, un groupe allemand basé à Stuttgart, demandait aux 870 salariés un effort équivalant à 8% de la masse salariale, faute de quoi les 110 suppressions d’emplois (aujourd’hui ramenées à 105) passeraient à 180.

L’accord prévoit l’abandon d’un jour de RTT sur la base du volontariat, celui des jours gagnés (un à deux) par les salariés en cas de fractionnement des congés jusqu'en 2023, et un quasi-gel des salaires avec une augmentation annuelle de 0,4% (0,5% pour les bas revenus) jusqu’en 2020.

En échange, la direction prévoit de rapatrier en Alsace trois lignes de produits prévues pour la République tchèque.

Mais elle refuse de s’engager sur un maintien de l’emploi sur la période, faute d’être certaine de bénéficier d’une charge suffisante pour faire tourner l’usine.

Une clause prévoit un premier bilan en 2018. En l’absence de nouveaux marchés, l’accord tomberait, ouvrant la voie à un nouveau Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

La CFTC, au départ favorable à un accord, a renoncé à signer. "Notre principale demande, c’était la garantie de l’emploi jusqu’en 2020 et là-dessus on n’a rien eu", a dit à Reuters le syndicat, qui n’envisage pas pour autant de dénoncer l’accord.

La CGT et la CFDT étaient les plus opposées à la proposition de la direction. "De toutes façons, on ne sera jamais compétitifs vis-à-vis des Tchèques", a dit à Reuters Sabine Studer, déléguée CFDT.

A l’appui de leur scepticisme, les syndicats rappellent l’accord de maintien de l'emploi, précurseur des accords de compétitivité, signé en juillet 2013 à Rouffach, après un avis favorable des salariés consultés par référendum.

Il prévoyait un gel des salaires et l'abandon de cinq jours de congé de RTT (réduction du temps de travail) pendant deux ans, ainsi qu’un plan de départs volontaires saisi par 160 salariés. Mais il n’avait pas été reconduit, en l’absence d’un effet suffisamment positif sur la marche de l’entreprise.

(Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry)

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