Congo - Alain Mabanckou : "Cette élection est frappée de petite vérole"

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Alain Mabanckou, qui vient d?entrer au Collège de France, dénonce les conditions de la réélection de Sassou-Nguesso. 
Alain Mabanckou, qui vient d?entrer au Collège de France, dénonce les conditions de la réélection de Sassou-Nguesso. 

Le Point : Que savez-vous de la situation sur place ? Êtes-vous en relation directe avec vos proches sur place ?

Alain Mabanckou : Comme la plupart de mes compatriotes vivant à l'étranger, j'ai souffert de la décision unilatérale et incompréhensible des autorités congolaises de bloquer les moyens de communication, comme si nous étions en Corée du Nord ou en Chine. J'avais le sentiment qu'il ne s'agissait pas d'une élection présidentielle, mais de la réunion d'une société occulte? C'est d'autant plus dommageable que les Béninois viennent de nous donner une vraie leçon de démocratie. Et je félicite le Béninois Lionel Zinsou qui a applaudi son concurrent et reconnu la victoire de celui-ci ! Le Bénin compte presque 11 millions d'habitants, cela leur a pris à peine une journée et demie pour compter (en toute transparence) les voix tout en tenant les citoyens au courant de l'avancement des décomptes. Au Congo-Brazzaville, avec moins de 4 millions d'habitants, cela a pris quatre jours et dans les ténèbres les plus absolues ? téléphone, radio et réseaux sociaux coupés ? au point de ne pas avoir besoin de sortir de Science Po ou de l'École des Mines pour comprendre que des mains invisibles essayaient de retourner les choses à leur avantage. Les Béninois nous avaient appris autrefois la pêche sur l'océan Atlantique, à Pointe-Noire,...

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