Comment les Chinois construisent des villes-champignons en Afrique

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Autoroutes, immeubles, stades et autres infrastructures construits par les Chinois transforment complètement le paysage. Dans la banlieue de Nairobi, capitale du Kenya, cette transformation est frappante.

Il suffit de voir Kilamba New City - notre photo - pour le croire. Le continent africain est en train de vivre des transformations de taille. Pourquoi? Parce que les Chinois s’y sont durablement installés, et sont bien décidés à urbaniser… Dans la banlieue de Nairobi, on voit très clairement cette empreinte de l’empire du Milieu: une nouvelle autoroute construite par une entreprise chinoise est bondée de voitures, dont les pneus sont le plus souvent importés… de Chine! Désormais, le paysage africain est parsemé de sites de construction où l’on voit s’afficher les logos des entreprises chinoises.

Autoroutes, chemins de fer, stades, complexes de logements sur plusieurs hectares, et parfois même des villes entières… Tout cela va très vite. Et non seulement les Chinois amènent la main d’œuvre nécessaire pour transformer les villes africaines en voie d’urbanisation, mais ils importent également leur propre culture de l’urbanisation. C’est ce qu’a observé le journaliste Michiel Hulsof, accompagné par l’architecte Daan Roggeven. Ils ont commencé à visiter le continent africain dès 2013, et ont confié au site Quartz leurs différentes impressions, et notamment cette question, essentielle: le modèle d’urbanisation chinois est-il applicable à l’Afrique?

Le «copier-coller» est impossible

Première leçon à retenir de leur voyage: un «copier-coller» du modèle chinois sur l’ensemble du continent africain est impossible. Pourquoi? «Parce que les réalités politiques et économiques en Afrique et la Chine sont bien trop différentes», écrivent les deux hommes dans leur essai sur le sujet intitulé Face-Orient: l’urbanisme chinois en Afrique. Depuis 2013, les deux hommes se sont forgé cette conviction après avoir interviewé plus d’une centaine d’architectes chinois et africains, des politiciens, des entrepreneurs et des citoyens dans six villes africaines concernées. Second enseignement: le débat n’est pas manichéen. Il n’y a pas d’un côté ceux qui sont «pour» les Chinois et ceux qui sont «contre.»

Si une duplication du modèle chinois est impossible, il reste que les deux continents ont des points communs non-négligeables… L’Afrique est actuellement urbanisée au même rythme que la Chine l’a été au cours de ces trente dernières années, l’énergie et le dynamisme observés dans les villes chinoises et africaines sont similaires.

De là à penser que dans trente ans, le continent africain sera aussi dynamique que l’actuelle Chine? Toujours est-il que selon les deux auteurs, leurs observations ont confirmé une chose: la mondialisation est beaucoup plus rapide et puissante que beaucoup de personnes - y compris eux-mêmes! - ne le pensaient.

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