Comment Amedy Coulibaly a contracté un crédit pour financer ses actes

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Amedy Coulibaly, le responsable de l'attaque du supermarché casher porte de Vincennes, avait souscrit en décembre un crédit à la consommation pour financer les attentats. Une intention quasiment indétectable en amont.

Le 4 décembre dernier, Amedy Coulibaly, responsable de la mort d'une policière à Montrouge et de quatre personnes dans un supermarché casher à Vincennes, a souscrit un crédit de 6000 euros auprès de l'organisme de crédit Cofidis, comme l'a révélé le quotidien La Voix du Nord. Une vidéo posthume publiée sur Internet dimanche, où Amedy Coulibaly explique avoir donné «quelques milliers d'euros» à un des frères Kouachi «pour qu'il finisse à boucler ce qu'il avait à acheter», semble attester que les fonds empruntés ont été utilisés pour financer les attentats de la semaine dernière contre le siège du journal Charlie Hebdo et la prise d'otage de la porte de Vincennes.

Le fait qu'un simple crédit à la consommation puisse être utilisé pour financer des actes terroristes pose la question de la responsabilité. Interrogé par La Voix du Nord, Gilles Sauret, directeur général de Cofidis France, a expliqué que les sommes avancées correspondent à un «emprunt de moyenne gamme, souvent utilisé pour l'amélioration de l'habitat» et qu'il n'y a pas, dans un tel cas, «d'obligation légale à justifier de l'objet des dépenses». Ce que confirme Elsa Raitberger, avocate au barreau de Paris en droit de la consommation. «L'organisme doit évidemment poser des questions sur l'objet du prêt. Mais le client peut aussi lui mentir. Ce que les banques doivent faire c'est vérifier que le projet du client est compatible avec la somme empruntée. Si la personne demande un crédit de 3000 euros et dit que c'est en vue de refaire son toit, elle doit s'interroger», explique-t-elle.

Un devoir de vérification minimum

Ce qui est en revanche exigé des établissements de crédit, selon l'avocate, c'est une certaine vigilance vis-à-vis des pièces justificatives remises par l'emprunteur. D'après La Voix du Nord, Amedy Coulibaly a présenté entre autres, des fiches de paie et un avis d'imposition à l'appui de sa demande. Or les journalistes ont pu vérifier que le numéro de l'employeur «n'est pas attribué». «Là encore, l'organisme de crédit se doit de vérifier un minimum les pièces fournies car la fourniture de faux est un délit, et la sanction est encore plus forte quand la falsification concerne des documents comme par exemple des avis d'imposition», affirme Elsa Raitberger.

Elle ajoute cependant qu'on ne peut techniquement pas exiger des banques de tout vérifier. «Un établissement de crédit n'est pas un juge, il n'a pas de pouvoir de police. Mais il y a parfois des indices: une fiche de paie qui ne mentionne pas la bonne convention collective, ou un salaire qui ne correspond pas à la fonction», souligne-t-elle. Ce qui, selon elle, aurait peut être dû alerter le commercial en l'occurrence, c'est la souscription par Amedy Coulibaly, d'une assurance décès pour un crédit d'une courte durée (60 mois). Pas de quoi cependant inquiéter Cofidis. «Pour que l'établissement de crédit soit mis en cause, il faudrait qu'il existe une faute flagrante», assure-t-elle.

Quant au remboursement du prêt, dont la première mensualité aurait été prélevée le 5 janvier, soit deux jours avant l'attentat, il pourrait incomber aux héritiers du preneur d'otage car «il serait surprenant que ce type de décès soit prévu dans les clauses de l'assureur», précise l'avocate.

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  • patjo47 le mercredi 21 jan 2015 à 09:28

    Ce sont surtout certains avocats et juges qui devraient s interroger! En particulier cette andouille!

  • smangin le mercredi 21 jan 2015 à 06:54

    Trop facile de s'en prendre à l'organisme de crédit. N'importe qui peut débarquer avec un devis d'achat de voiture et demander une somme sous 10 ke pour faire autre chose. Je suis plus inquiété par le fait que ces individus fichés / blacklistés aux USA / en conditionnelle, puisse continuer leurs activités et voyager sans l'ombre d'une inquiétude...

  • b.renie le samedi 17 jan 2015 à 06:37

    L'attribution d'un crédit demande une analyse individuelle détaillée. On ne distribue pas le crédit comme la saucisse

  • fortunos le vendredi 16 jan 2015 à 21:14

    Ces organismes de credit envahissent de pub les journaux populaires;journaux tele et people.Vu le taux qu ils pratiquent ils ne sont pas trop regardant sur la qualité du dossier,on le constate dans les dossiers de surendettement,dontils sont les grands champions

  • saumon-m le vendredi 16 jan 2015 à 17:22

    ...Fausse manip ! Si La banquière me proposerait 3000€ pour refaire mon toit je rigolerais (Tuiles en terre cuites à 1.30€ pièce et 70 pièces au m² !!!

  • saumon-m le vendredi 16 jan 2015 à 17:21

    "Si la personne demande un crédit de 3000 euros et dit que c'est en vue de refaire son toit, elle doit s'interroger" ??? S'interroger c'est pas assez cher? Combien de m² ? Une simple ardoise coûte 0.85€ X 40 ardoise/m² soit 35€/m² X 100m² (10x10) = 3500€ ...sans la main-d'oeuvre (Dépose (10€/m²), repose, enlèvement) ! A mon avis avis c'est une opération à 5000€ HT !

  • saumon-m le vendredi 16 jan 2015 à 17:20

    Sacrée banquière !!"Si la personne demande un crédit de 3000 euros et dit que c'est en vue de refaire son toit, elle doit s'interroger" ??? S'interroger c'est pas assez cher? Combien de m² ? Une simple ardoise coûte 0.85€ X 40 ardoise/m² soit 35€/m² X 100m² (10x10) = 3500€ ...sans la main-d'oeuvre (Dépose (10€/m²), repose, enlèvement) ! A mon avis avis c'est une opération à 5000€ HT ! La banquière me proposerait 3000€ pour refaire mon toit je rigolerais (Tuiles en terre cuites à 1.30€ pièce et